Il avait publiquement demandé à "peser" davantage, dans une interview au JDD. Avec l'idée d'être nommé ministre de l'Intérieur, un poste dont il rêvait. Gérald Darmanin, 37 ans, a obtenu gain de cause : il est le premier flic de France depuis l'annonce du nouveau gouvernement, lundi. Le nouveau ministre de l'Intérieur multiplie les visites de terrain depuis mardi, comme plus de 15 ans plus tôt un autre locataire de la place Beauvau : Nicolas Sarkozy.
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Un premier déplacement au commissariat des Mureaux, dans les Yvelines, mardi en tout début d'après-midi, dans la foulée de sa passation de pouvoir. Puis un autre mardi soir, dans le Lot-et-Garonne, à la brigade de gendarmerie de Port-Sainte-Marie, là où la gendarme Mélanie Lemée, 25 ans, a été mortellement fauchée, avant de se rendre dans la foulée au centre de secours d'Agen.
Mercredi soir, le ministre de l'Intérieur s'est également rendu porte de la Chapelle, à Paris, pour un déplacement surprise. Une visite de "soutien" aux forces de l'ordre, faite avec Marlène Schiappa, la ministre déléguée à la Citoyenneté, qui a conduit les deux membres du gouvernement au commissariat du 18e arrondissement de la capitale puis au commissariat du 19e.
Des rencontres avec les représentants du ministère de l'Intérieur
Gérald Darmanin a également présidé la cérémonie d'hommage militaire à Mélanie Lemée ce jeudi matin à Mérignac (Gironde), dans la banlieue de Bordeaux. La gendarme tuée par un chauffard lors d'un contrôle routier a été décorée de la Légion d'honneur à titre posthume par le ministre après l'avoir élevée au rang de major. Il a loué "l'engagement professionnel sans faille" de la jeune femme. "La République veut vous dire que votre engagement n'est pas vain (...) au contraire, vous êtes l'honneur de la république", a-t-il déclaré.
Gérald Darmanin a également reçu à Beauvau les syndicats de police mercredi après-midi. Lors de cette classique première prise de contacts, il leur a assuré qu'il serait le ministre du "quotidien des policiers" sur fond de défiance entre les agents et l'exécutif. Les organisations se sont quant à elles bornées à prendre acte des déclarations d'intention du nouveau locataire de la place Beauvau. Gérald Darmanin recevra également les représentants des sapeurs-pompiers et des agents de l'administration préfectorale ce jeudi après-midi.
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L'activisme de l'ex-député UMP puis LR Gérald Darmanin rappelle celui de Nicolas Sarkozy, dont l'actuel locataire de la place Beauvau avait été le coordinateur de la campagne lors de la primaire de la droite, en 2016. Tout juste nommé ministre de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy ("premier flic de France" de mai 2002 à mars 2004) avait enchaîné les déplacements en banlieue dans la soirée du 8 mai 2002. Au programme : visite du commissariat de Saint-Ouen, déplacement à la Direction départementale de la sécurité publique de Seine-Saint-Denis, à Bobigny, suivi d'une patrouille dans plusieurs quartiers populaires de Seine-Saint-Denis et d'un déplacement à la gendarmerie de Louvres (Val-d'Oise). Pour finir sa tournée, à 01 h 30, il avait assisté à une partie d'une opération de lutte contre la prostitution menée par la préfecture de police dans le 17e arrondissement de Paris.
"Gérald Darmanin fait du Gérald Darmanin"
La comparaison est vite faite entre les deux hommes, toujours très proches. "Gérald Darmanin fait du Gérald Darmanin", réagit auprès de l'Express l'entourage du ministre de l'Intérieur. "Il ne faut pas singer le style de l'un ou de l'autre de ses prédécesseurs", confie-t-on du côté de la place Beauvau. Le maire de Tourcoing (Nord), ministre de l'Action et des Comptes publics pendant trois ans, a l'habitude des déplacements et du dialogue social, dont il a "un attachement fort", souligne son entourage.
"C'est un élu local qui considère qu'il faut aller sur le terrain et que l'on apprend avant tout sur le terrain. Il veut être le ministre des forces de l'ordre et du quotidien", précise cette source. Une "démarche d'écoute" dans la foulée de sa prise de fonction "afin de mieux percevoir les attentes de chacun". Gérald Darmanin devrait poursuivre sur ce rythme : plusieurs déplacements sont prévus ces prochains jours.
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L'activisme du ministre de l'Intérieur est difficilement compatible avec son maintien à la mairie de Tourcoing. Il a laissé présager ce jeudi matin sur RTL d'une prochaine démission de son mandat de maire de Tourcoing. "La sécurité des Français demande un ministre à 100 %", a déclaré Gérald Darmanin.
Le ministre a renvoyé l'annonce officielle de sa décision au prochain week-end où il réunira son équipe municipale à Tourcoing, dont il a été réélu maire dès le premier tour, le 15 mars, avec 60,9 % des voix. "J'aurais l'occasion de parler à ceux qui me font confiance", a-t-il souligné. Le ministre de l'Intérieur avait déjà annoncé mercredi soir à l'AFP sa démission du Conseil régional des Hauts-de-France.
