Nouvelle opération de déminage pour le Premier ministre, ce vendredi. Manuel Valls reçoit à Matignon les organisations étudiantes et lycéennes, deux jours après les manifestations du 9 mars qui ont fait descendre dans la rue quelque 500 000 personnes opposées au projet de loi El Khomri, dont 100 000 jeunes selon le président de l'Unef, William Martinet. Parmi les organisations, les volontés varient: le syndicat étudiant Unef et les lycées veulent son retrait pur et simple, tandis que la Fage ne réclame que l'abolition des principales mesures.
Valls et Hollande font mine de lâcher du lest
La rencontre se veut une réponse du gouvernement avant un week-end qui s'annonce difficile puisque l'exécutif doit arbitrer les "corrections" promises par François Hollande, qui a toutefois exclu tout retrait du projet de loi. Lundi, le texte sera ensuite présenté aux syndicats et au patronat avant une présentation en conseil des ministres prévu le 24 mars.
Quelles sont ces "corrections" que le gouvernement pourrait apporter? Deux au moins sont déjà connues: la surtaxation des CDD - 63,6% des 15-24 ans travaillent avec un contrat de ce type en 2014, contre 9,8% chez les 25-49 ans - et l'annulation de l'allongement du temps de travail des apprentis. Un premier pas, plus symbolique qu'autre chose notamment dans le cas de la surtaxation des CDD, mais les représentants des jeunes ne comptent pas s'arrêter là et arriveront avec des "contre-propositions". Des corrections toutefois à la marge, l'exécutif voulant absolument préserver le coeur de la réforme.
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L'ombre du CPE
La démarche est, en tout cas, inédite. C'est en effet la première fois qu'un gouvernement de gauche doit lancer une concertation formelle avec des organisations de jeunesse depuis le mouvement lycéen de 1990, reçu par François Mitterrand à l'Elysée.
François Hollande et Manuel Valls pouvaient-ils faire l'économie de cette rencontre? Difficilement. Aucune réforme n'avait mis autant de monde dans la rue depuis les débats sur l'ouverture du mariage aux couples de même sexe. En outre, jeudi, nombre d'organisations de la jeunesse reçues ont fait un parallèle avec le contrat première embauche (CPE) qui avait dû être retiré, en 2006, sous la pression de la rue. Un scénario que François Hollande, au plus bas dans les sondages, veut absolument éviter.
