"La scène est prête." C'est un dirigeant LR qui le dit. En tout cas, elle le sera les 28, 29, et 30 août à Nîmes. Le président des Républicains, Christian Jacob, souhaitait dégainer le premier, à défaut de pouvoir empêcher certains à droite de jouer leur partition pour la rentrée. Il a surtout l'intention, avec cette manifestation où sont attendus quelque 2 000 jeunes, de lancer le "moment Baroin". Le maire de Troyes, que beaucoup poussent à se présenter à la présidentielle, a confirmé à son ami Jacob qu'il serait présent. Mais l'image ne suffira pas, il faudra un peu de son... LR mobilisera de vrais moyens financiers : une réunion budgétaire, cette semaine, a fixé l'enveloppe exacte. "L'organisation de nos conseils nationaux au siège du parti nous fait économiser près de 100 000 euros chaque fois, ce qui nous permettra notamment d'utiliser cet argent pour ce rendez-vous", confie un responsable.

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Nîmes, c'est l'endroit idéal pour envoyer une carte postale. Demandez à Nicolas Sarkozy. C'est là qu'en 1999 il avance ses pions pour conquérir le RPR (il arrêtera sous la pression de Jacques Chirac) ; qu'en 2006, avec un discours nouveau pour lui et inspiré par Henri Guaino, il entame sa marche triomphale vers l'Elysée ; qu'en 2009 il tient un meeting pour les européennes, exercice rare pour un chef de l'Etat ; qu'en 2014 il rassemble ses soutiens avant son élection à la tête de l'UMP. Et que dire du 18 novembre 2016 ? Tous ses proches sont venus, et l'un d'eux, Brice Hortefeux, glisse à l'ancien ministre Luc Chatel : "On vit peut-être un moment historique." Lui a compris. Les 3 000 présents assistent sans le savoir à ce qui sera le dernier meeting de Nicolas Sarkozy, battu deux jours plus tard au premier tour de la primaire de la droite. Au premier rang, un homme est là : François Baroin.