Arnaud Montebourg est de retour. L'ancien ministre de l'Economie va annoncer sa candidature à l'élection présidentielle d'avril 2022 le 4 septembre prochain, lors d'un discours dans sa ville natale de Clamecy (Nièvre). C'est ce qu'a annoncé lundi son entourage à l'AFP. "La crise du Covid a fait remonter dans les préoccupations des Français les thématiques qu'il a portées depuis près de 20 ans, notamment la démondialisation, la protection de nos industries et de nos emplois et la (volonté) de changer du régime hyper-présidentiel de la Ve République", a justifié cette source, confirmant une information dévoilée par Libération puis par le Journal de Saône-et-Loire.
Retiré de la vie politique depuis 2017, Montebourg avait décidé d'enfiler un autre costume : celui d'entrepreneur. Pendant plusieurs années, il s'est consacré à sa boîte "Bleu Blanc Ruche", son entreprise de production de miel Made in France. Le temps pour le fondateur du mouvement "L'Engagement", 58 ans, de fourbir ses armes. Il faut dire que la scène politique lui avait laissé un goût amer après avoir échoué deux fois lors des primaires socialistes organisées 2012 et 2017. Lors de cette dernière tentative, l'ancien député PS de Saône-et-Loire a décroché la troisième place à la primaire de la gauche et il n'était "pas loin d'être au fond du seau", a confié l'un de ses anciens fidèles dans L'Express. Mais cette fois-ci, l'ancien socialiste ne compte pas reproduire le même schéma. Pour la présidentielle de 2022, il ne souhaite pas passer par une primaire, "inutile sans la participation de Jean-Luc Mélenchon", toujours selon son entourage.
Et pour son retour, l'homme politique de gauche a choisi de miser sur les symboles. En effet, la date et le lieu de son "come-back" ne sont pas décidés au hasard comme le rappelle Libération : "Il a choisi le jour anniversaire de la proclamation de la IIIe République par Léon Gambetta en 1870 et sa ville natale de Bourgogne pour se lancer dans la course élyséenne." Arnaud Montebourg se rendra ensuite le 25 septembre sur les terres de son ex-circonscription de Frangy-en-Bresse (Saône-et-Loire) pour lancer vraiment sa campagne... dans la même commune où il avait, en 2014, aux côtés de Benoît Hamon, alors ministre de l'Education, ouvertement critiqué la politique de François Hollande, la fameuse "cuvée du redressement", juste avant de se faire remercier du gouvernement.
Une surprise attendue
Si la candidature d'Arnaud Montebourg constitue une petite surprise, c'est que cela faisait plusieurs mois que l'ancien ministre alternait le chaud et le froid. Avec la publication de son livre L'Engagement, à la fin 2020, cette figure de gauche est revenu en force dans le paysage politique. Dans la foulée, l'animal politique a multiplié les interventions médiatiques, signe d'un possible retour sur le devant de la scène. Sa crainte : que les gens l'aient oublié après ces années passées loin des caméras. Mais la crise du Covid-19 lui a offert une tribune de choix pour discuter de ses combats. En avril 2020, pendant le premier confinement, Arnaud Montebourg avait commencé à faire de nouveau entendre sa voix de baryton : une interview dans Le Figaro pour annoncer la fin de la mondialisation, une autre dans Libération pour taper sur Emmanuel Macron.
Mais l'entrepreneur n'est pas le seul sur la ligne de départ. Jean-Luc Mélenchon (LFI) est déjà candidat à la présidentielle quand le PS pousse la candidature d'Anne Hidalgo, tandis que la primaire écologiste, mi-septembre, doit aussi voir émerger un ou une candidate. Cet embouteillage à gauche pourrait créer la confusion dans un paysage déjà fracturé. Mais son entourage n'en démord pas : Arnaud Montebourg "est le seul qui puisse proposer à la gauche de se réunir au-delà des partis historiques". Pourtant, l'ancien ministre semble avoir changé de braquet. En juin dernier, sur France Inter, l'entrepreneur se disait favorable à une "candidature unique" à gauche, affirmant qu'il ne se lancerait pas dans la course à la présidentielle pour ne pas "multiplier les candidatures".
Le créateur du mouvement citoyen "L'engagement" expliquait notamment, que, pour l'instant, il n'a pas "les ressources" nécessaires pour entrer en campagne. Pour le financement, il sera "évoqué en temps voulu", assure aujourd'hui les proches d'Arnaud Montebourg. Interrogé sur les 500 parrainages requis pour valider sa candidature, l'entourage de l'ancien ministre a indiqué à l'AFP que c'était "un non-sujet". "Ça ne nous inquiète pas", assurent ses proches. Et du côté des électeurs, la mayonnaise va-t-elle prendre ? Sa pré-campagne, initiée depuis la fin de 2020, ne lui a pour le moment pas permis de décoller dans les quelques sondages qui l'ont testé. En juin, l'ancien socialiste avait plaidé pour une "politique mixte" car, selon lui, "le pays est à droite sur le régalien, (et) à gauche sur le social et l'économie. Une fusion que l'ancien entrepreneur semble vouloir incarner.
