C'était un joli nom, Les Républicains. Créé par Nicolas Sarkozy, le parti avait un objectif : trouver le chemin pour que le dernier président de droite retourne à l'Elysée. Et voilà que LR n'a jamais connu ne serait-ce que le second tour d'une élection présidentielle. Pour un mouvement représentant une sensibilité politique qui n'avait pas testé le goût amer de l'élimination au premier tour de 1965 à 2012 - soit neuf scrutins -, le constat est cruel.

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Il est des défaites dont on ne se relève pas, parce que les réduire à un problème d'incarnation serait le meilleur moyen de se fourvoyer encore. Nous savons désormais que, comme les civilisations, les partis sont mortels. On repense à l'analyse de Marine Le Pen : elle a toujours estimé que François Fillon n'avait pas obtenu 20 % en 2017 malgré les affaires, mais grâce à elles, dans un dernier réflexe de solidarité d'un électorat en capilotade.

Aux européennes de 2019, la sensibilité Bellamy pesait 8,48 % des suffrages ; cette fois, la sensibilité Pécresse ne dépasse pas 5 %. A la fin de l'année 2021, LR a organisé une primaire sinon groupusculaire, en tout cas résiduelle. On ne bâtit pas une candidature élyséenne à partir d'un corps électoral de 110 000 votants, sévère entaille à l'esprit des institutions. C'est désormais l'histoire de la Ve République qui s'écrit sans la formation qui en fut longtemps le pilier. La disparition de la droite annonce-t-elle la fin prochaine du régime gaulliste ?