Caresses ou baisers par surprise, tentative de fellation forcée : trois femmes ont témoigné contre Nicolas Hulot pour des faits qui auraient eu lieu entre 1989 et 2001, prescrits, dans un reportage diffusé jeudi soir par Envoyé Spécial, sur France 2. Des accusations que le militant écologiste nie formellement, mais qui ont fait réagir Sandrine Rousseau ou Roselyne Bachelot, interrogées à ce sujet ce matin dans les matinales radio.

Sandrine Rousseau : "On est au début d'une vague #MeToo en politique"

L'enquête d'Envoyé Spécial consacrée à Nicolas Hulot "montre qu'il y a encore des progrès à faire, particulièrement dans le milieu politique", a estimé Sandrine Rousseau sur Sud Radio ce vendredi matin. "Je pense qu'on est au début d'une vague #MeToo en politique", a affirmé la présidente du conseil politique de la campagne de Yannick Jadot, le candidat EELV à la présidentielle.

Alors que Marlène Schiappa, ministre déléguée chargée de la Citoyenneté, a estimé auprès de Ouest-Francequ'une "transition féministe est en cours", Sandrine Rousseau a dit partager cet avis. "Cette transition est profonde, c'est un mouvement qu'on n'arrêtera plus", a souligné la conseillère spéciale de Yannick Jadot aux questions de précarité et discrimination. "Les #MeToo n'arrêtent pas, c'est ça qui est bien, on est en train de changer véritablement les rapports hommes-femmes", s'est-elle félicitée.

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L'ancienne adversaire de Yannick Jadot à la primaire EELV, avec qui les relations avaient été tendues, affiche désormais sa confiance envers le candidat écologiste à la présidentielle : "Il est un très bon candidat pour l'écologie, il est un candidat au coeur de l'écologie depuis des dizaines d'années". "Bien sûr que tout va bien avec lui", a précisé Sandrine Rousseau, pour qui "il n'y a pas une feuille de cigarette" entre Yannick Jadot et elle.

Roselyne Bachelot : "Il faut accompagner les femmes qui ont le courage de parler"

Elle aussi interrogée sur les révélations concernant Nicolas Hulot, Roselyne Bachelot a dit "constater que la parole se libère", appelant sur France 2 à ce qu'elle soit "respectée et considérée". "Il faut accompagner ses femmes qui ont le courage de parler", a exhorté la ministre de la Culture, notant que "la loi du silence a trop souvent sévi".

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"Chaque fois qu'il y a du pouvoir, il y a un risque de violences sexuelles et sexistes", a commenté la ministre, estimant que "chaque personne et chaque structure doivent se sentir concernées par cela". "Chaque structure politique devrait avoir un référent sur les victimes de violences sexuelles et sexistes et se poser ces questions", a complété Roselyne Bachelot.

Gabriel Attal : "Le passe sanitaire est devenu le passe maximal"

Rappel de vaccin dès 18 ans et obligatoire pour que le passe sanitaire reste valide : le gouvernement intensifie la pression sur les non-vaccinés pour contrer la cinquième vague de l'épidémie de Covid-19. Le rappel sera ouvert "à compter de ce samedi" pour tous les majeurs, cinq mois après leur dernière injection, a annoncé jeudi le ministre de la Santé Olivier Véran. Ce rappel ne concernait pour l'instant que les plus de 65 ans, les personnes à risques de forme grave et les soignants, et se faisait six mois après la dernière injection et non cinq.

"L'épidémie a repris très fort, on a atteint le niveau de la quatrième vague", a rappelé Gabriel Attal sur BFMTV et RMC. "Notre cap, c'est de ne pas revenir à des mesures de fermetures, de couvre-feux, de confinements et de jauges", a martelé le porte-parole du gouvernement. Gabriel Attal a par ailleurs assuré que la France dispose d'un nombre de doses suffisant pour cette campagne de rappel vaccinal, avec "26 millions de doses en stock". Alors que la durée de validité des tests négatifs au Covid-19 ouvrant droit au passe sanitaire va être ramenée à 24 heures, au lieu de 72 heures jusqu'à présent, Gabriel Attal a noté que le passe sanitaire est "devenu un passe maximal". Il a expliqué : "Cela resserre les choses, cela fait peser plus de contraintes sur ceux qui ont fait le choix en conscience de ne pas se faire vacciner".

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Dans une lettre adressée à Emmanuel Macron et publiée sur Twitter, le Premier ministre britannique Boris Johnson a demandé au président français de reprendre les migrants arrivant en Angleterre depuis la France, au lendemain d'un naufrage dans la Manche qui a vu 27 personnes perdre la vie. Cette lettre n'est pas du tout du goût du gouvernement français. "C'est une lettre indigente sur le fond et totalement déplacée sur la forme", a fustigé Gabriel Attal. "Elle est indigente sur le fond car elle ne respecte pas tout le travail qui est fait par nos gardes-côte, nos policiers, nos gendarmes, nos sauveteurs en mer", a-t-il riposté. "Il y en a marre des doubles discours et de l'externalisation permanente des problèmes" par le Royaume-Uni, a-t-il lâché. "C'est à se demander maintenant si Boris Johnson ne regrette pas d'avoir quitté l'Europe, parce que dès qu'il a un problème il considère que c'est à l'Europe de le gérer !", a-t-il insisté.

Julien Bayou : "La France harcèle les migrants"

Le naufrage dans la Manche qui a vu 27 personnes perdre la vie est "un drame horrible qui est en fait l'aboutissement d'une période de plus de dix ou quinze ans où l'on a un blocage. La France, les forces de l'ordre, servent finalement de gardes-frontières pour l'Angleterre, en vertu des accords du Touquet qu'il faut dénoncer", a estimé l'écologiste Julien Bayou sur Europe 1, qui veut "organiser des voies sûres de passage".

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"La France, le gouvernement, harcèlent les migrants et je rejoins le constat des associations. Il y a cette idée très répandue à droite que harceler les migrants et ne pas leur permettre de s'installer ce serait lutter contre l'immigration. Mais ça ne marche pas", a dénoncé le secrétaire national d'EELV.

"On doit organiser l'accueil à travers l'Europe avec un pont maritime. Ce mythe que durcir les conditions d'accueil freinerait quoi que ce soit reste un mythe. Depuis quinze ans dans cette région, on a des conditions humaines absolument désastreuses et rien n'avance", a également constaté le responsable écologiste.