Abaisser la majorité pénale à 16 ans, une police municipale armée dans toutes les grandes villes et... "doubler les peines dans les quartiers les plus criminogènes". Cette idée, déjà évoquée dans une interview à l'Express en août dernier, la présidente (LR) de la région Ile-de-France Valérie Pécresse l'a de nouveau défendue dimanche dans "Le Grand Jury" de RTL.
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Cette mesure reviendrait à prévoir des peines différentes dans les quartiers les plus touchées par la criminalité et la délinquance -et donc pour les habitants de ces derniers- que sur le reste du territoire français.
"C'est quand même dingue qu'il y ait des régions, des quartiers où il y a beaucoup plus de crimes et beaucoup moins de sanctions que dans d'autres", a affirmé la présidente de la région pour défendre sa proposition.
L'exemple danois
D'où Valérie Pécresse tire-t-elle cette idée ? "C'est ce que le centre-doit fait au Danemark", a-t-elle affirmé, avant d'ajouter : " Et je peux vous dire que cela leur permet de contenir la montée de l'extrême droite" ; tout de même deuxième force politique au Parlement depuis 2015.
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En effet, comme l'explique Franceinfo, le Danemark a voté en 2018 des "lois ghettos" (ainsi nommées par le gouvernement), visant des quartiers où sont regroupées les populations immigrées qui se voient désormais appliquer des dispositions légales différentes de celles des quartiers voisins.
Parmi ces dispositions, celle proposée par Valérie Pécresse pour la France : des peines de prison deux fois plus importantes pour l'auteur d'un crime commis dans le "ghetto". Les Danois vont plus loin et obligent aussi les habitants de ces quartiers à placer leur enfant en crèche au moins 25 heures par semaine, ou bien baissent les allocations pour les parents d'enfants délinquants. L'extrême-droite a plébiscité ces mesures.
"Pas constitutionnel"
La présidente de la région Île-de-France a assuré qu'elle ne verrait "aucune stigmatisation" à appliquer ce doublement des peines dans l'Hexagone et estime que cette mesure pourrait entrer dans la loi française si on considérait un crime commis dans des quartiers "criminogènes" comme une "circonstance aggravante".
Reste que, en l'état, et Valérie Pécresse l'a elle-même concédé, cette mesure n'est tout simplement "pas constitutionnelle".
