Remobiliser. C'est l'enjeu du scrutin du second tour des élections régionales qui se tiendra ce dimanche. Au premier tour, le taux d'abstention a dépassé les 66%, et le premier bilan laisse la part belle à la droite, qui réunit plus de 29% des votes exprimés. Le Rassemblement national, grisé par des sondages prometteurs, obtient finalement près de 10 points de moins que les différentes estimations, avec 18% des voix. La majorité présidentielle est à la peine, et malgré le parachutage de nombreux ministres, en position de ne remporter aucune région dans ce scrutin. La gauche, quant à elle, conserve ses bastions stratégiques, notamment en Occitanie avec Carole Delga, et mise sur l'union pour espérer remporter des régions supplémentaires à l'issue de ce second tour. Retour sur les points chauds du scrutin.

LIRE AUSSI : "On s'y prend comme des pieds" : après les régionales, LREM au bord de la crise de nerfs

En PACA, un duel fratricide

On pourrait le qualifier de feuilleton des régionales. Le président de région sortant et son ancien camarade de la droite, passé dans les rangs du Rassemblement national, se disputeront la tête de la région PACA, après le retrait (sous pression) du candidat de la gauche Jean-Laurent Félizia. C'est la région espoir pour le RN qui espère encore emporter une grande collectivité avant la présidentielle et croit en la possibilité de victoire de Thierry Mariani, qui a remporté le premier tour avec. 36,38% des suffrages, 4,5 points devant Renaud Muselier (31,91%).

LIRE AUSSI : "On a une réserve incroyable d'électeurs" : en Paca, Mariani veut y croire

En Île-de-France, une gauche unie qui rêve de victoire

C'est le trio d'affiche de l'union de la gauche. En Île-de-France, à l'issue du premier tour, les candidates socialiste et insoumise, Audrey Pulvar (11,07% des suffrages) et Clémentine Autain (10,24%), ont fait le choix de se ranger derrière l'écologiste Julien Bayou, qui a obtenu 12,95% des voix. Julien Bayou défendra donc les couleurs des écologistes et de la gauche face à la présidente LR sortante Valérie Pécresse (arrivée largement en tête avec 36% des voix), au candidat du RN Jordan Bardella (13,12%) et au candidat de la majorité présidentielle Laurent Saint-Martin qui réussit, avec 11,8% des voix à se maintenir au second tour, sans toutefois pouvoir espérer une victoire.

LIRE AUSSI : Régionales en Ile-de-France : Valérie Pécresse, la République c'est elle !

En Hauts-de-France, une bataille décisive pour la droite

Le président de région sortant et candidat déclaré pour l'élection présidentielle Xavier Bertrand tient ici une occasion d'asseoir sa popularité. Arrivé en tête du premier tour avec 41,42%, loin devant le candidat frontiste Sébastien Chenu et la liste d'union de la gauche portée par Karima Delli, Xavier Bertrand est le favori de ce scrutin dans les Hauts-de-France. Scrutin d'autant plus décisif qu'il s'agit d'un premier instrument de mesure de popularité, comme pour les présidents sortants Laurent Wauquiez et Valérie Pécresse, à quelques mois de la désignation du candidat de la droite pour la présidentielle.

Les Pays-de-la-Loire, l'espoir écologiste

Portée par le marcheur démissionnaire Matthieu Orphelin, la liste d'union écologiste et LFI a pris la deuxième place derrière la présidente LR sortante Christelle Morançais. Si cette dernière bénéficie d'une avance considérable (34,3% contre 18,7%), le ralliement du socialiste Guillaume Garot (16,31%) à la cause insoumise et écologiste pourrait changer la donne, d'autant que l'ancien ministre François de Rugy se maintient au second tour, avec le candidat du RN Hervé Juvin, qui a obtenu 12,53% des sondages.

LIRE AUSSI : Régionales : les gauches en quête de pôle position

En Bretagne, l'équation à cinq entrées

C'est une situation inédite dans la région. Si le président socialiste sortant Loïg Chesnais-Girard est arrivé en tête du premier tour et s'est allié avec Daniel Cueff, écologiste "indépendant", toutes les listes ont décidé de se maintenir au second tour. Ce sera donc une pentagulaire qui pourrait ne pas déboucher sur une vraie majorité à l'issue des élections.