Tourner la page et regarder vers l'avenir. C'est la leçon que veut tirer le Rassemblement national, après des résultats plus que décevants aux élections régionales. Non seulement le parti de Marine Le Pen ne parvient pas à remporter de région, mais il perd près de 7 points comparé à 2015, avec 20,5% des voix contre 27,10% aux précédentes élections. La région PACA, terre d'espoir du parti, a été remportée par Renaud Muselier. Dans les Hauts-de-France, Sébastien Chenu réalise un score près de deux fois inférieur au vainqueur Xavier Bertrand. Jordan Bardella, en Île-de-France, termine loin derrière Valérie Pécresse et Julien Bayou, et à peine devant Laurent Saint-Martin... La désillusion est générale, d'autant que le RN partait parmi les favoris dans cette course électorale.

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"Ce soir, nous ne prendrons pas de région", commente, amère, Marine Le Pen, peu après l'annonce des résultats. Elle met en cause "les sortants qui, à l'aide d'alliances contre-nature, ont tout fait pour nous empêcher de montrer que nous étions capables de gérer une grande collectivité". Car tel était l'enjeu du RN à travers ce scrutin : arriver en tête dans une région, et rajouter ainsi une corde à son arc dans l'optique de la présidentielle. Un échec que les cadres du parti attribuent d'abord à l'abstention massive (27,89% de taux de participation) qui a caractérisé le scrutin, et principalement touché les électeurs frontistes. Au lendemain du premier tour, un sondage Ifop indiquait que 73% des électeurs de Marine Le Pen à la présidentielle de 2017 s'étaient abstenus.

"Ne pas avoir de région sera un handicap, mais cela ne change rien à notre détermination"

"Ce message d'abstention doit nous interpeller, car c'est un signal majeur lancé à toute la classe politique, analyse Marine Le Pen, qui avait exhorté son électorat à se rendre aux urnes, dimanche dernier. Tout doit être débattu pour rendre à nos compatriotes le goût de décider de leur avenir". "Ce qui nous attriste, c'est que lorsque notre popularité est mesurée dans les sondages, elle est à 28%, seulement, quand il faut se déplacer, nous tombons à 18%, lâche un membre de l'équipe dirigeante. Il y a un décalage majeur de représentativité, lié au désenchantement de la population pour la politique." "La grande perdante de cette élection est d'abord la démocratie, renchérit Sébastien Chenu. Il y a une nécessité à ramener les Français aux urnes."

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Cap, donc, sur 2022. Avec toutefois une épine dans le pied, concède l'eurodéputé et conseiller de Marine Le Pen Philippe Olivier. "Ne pas avoir de région sera un handicap, mais cela ne change rien à notre détermination", assure-t-il. Et le calendrier du parti devrait permettre de tourner rapidement la page de cet épisode décevant, puisque le Congrès du RN se tiendra les 3 et 4 juillet prochains à Perpignan. Pas question, pour autant, de remettre en cause la ligne dictée par Marine Le Pen et son équipe dirigeante. "Je n'ai entendu aucun électeur se plaindre de la ligne, assure-t-il. Le problème, c'est la mobilisation de nos électeurs. On ne changera pas notre ligne, on ne fera pas du Zemmour, devenir plus trash pour essayer de se faire remarquer, et si en 2022 on est battus ce sera avec cette même ligne."