La défaite est d'autant plus écrasante qu'elle symbolise celle du parti. "Rien n'est sûr, rien n'est encore joué", assurait-on pourtant jusqu'au dernier moment dans les rangs du Rassemblement national en PACA. Mais les efforts auront été vains. Meilleur espoir du RN pour ces élections régionales, Thierry Mariani n'aura pas réussi à ravir la région à son président sortant, Renaud Muselier. Vainqueur au premier tour, avec 36,4% contre 31,9% pour Renaud Muselier, il était donné au coude à coude dans les sondages avec son ancien comparse de droite. Le résultat est finalement bien plus tranché : 43% pour l'ancien ministre de Nicolas Sarkozy, contre 57% pour le président sortant.

LIRE NOTRE ANALYSE : "On ne changera pas notre ligne" : après la déception des régionales, le RN vise déjà 2022

Et l'ensemble des candidats RN de dénoncer les "manoeuvres scandaleuses" de leurs opposants politiques, alliés dans un front républicain pour faire barrage au parti de Marine Le Pen dans la région. "Le résultat de ce second tour a démenti tous les sondages et déjoué tous les pronostics : j'ai gagné, et nous avons gagné, se félicitait Renaud Muselier, ce dimanche. Nous avons su faire cause commune face au péril de l'extrême-droite." "C'est avec une grande tristesse que je dois constater notre défaite, rétorque quant à lui Thierry Mariani, près de deux heures trente après l'annonce des résultats. Notre liste a été battue par un système coalisé, par un candidat qui aura vu tous les partis, des macronistes aux communistes, lui venir en aide. Quand on est redevable auprès de tant de cercles de pouvoir, cela ne présage rien de bon pour l'avenir de notre région."

"La légitimité des vainqueurs est entachée par l'abstention massive"

Pari raté pour Thierry Mariani qui espérait remobiliser son socle électoral dans l'entre-deux tours et arriver à l'emporter. Si la participation est en hausse en PACA (32,95% contre 30,64% au premier tour), cela n'a pas suffi à briser le plafond de verre auquel est confronté le RN. Six ans plus tard, le front républicain a une nouvelle fois eu raison du parti de Marine Le Pen, qui estime qu'aucun enseignement, national ou local, ne peut être tiré d'un scrutin comptant si peu de participation. "La légitimité des vainqueurs est entachée par l'abstention massive", soutient l'ancien ministre, appelant le président de région à "l'humilité". Et si certains soutiennent que la défaite Thierry Mariani prouve les ratés de la campagne de banalisation du RN, lui veut raviver la flamme de l'électorat frontiste, et assure sa volonté de continuer à défendre la "volonté populaire". Suivant la ligne dictée par la présidente du parti, il se concentre sur l'après, pour entretenir la flamme bleu marine dans l'optique de la présidentielle. Tant pis si elle vient de s'éteindre, ce dimanche, en PACA.

LIRE AUSSI : Marine Le Pen, sa stratégie pour la présidentielle