Face au triomphe pour la maire sortante PS Anne Hidalgo, largement réélue dimanche... Le naufrage d'Agnès Buzyn et Cédric Villani. La candidate de la majorité présidentielle et le "marcheur" dissident ne pourront même pas siéger au Conseil de Paris, en raison de leurs mauvais résultats.

L'ex-ministre de la Santé (avec un score entre 13 et 16%) n'a pas réussi à obtenir suffisamment de voix pour devenir conseillère de Paris, a appris dimanche soir l'AFP auprès de sources concordantes. Agnès Buzyn "ne sera pas au Conseil de Paris, elle sera conseillère d'arrondissement et siègera seule", a indiqué Geoffroy Boulard, le maire sortant du XVIIe arrondissement, où elle se présentait en tête de liste.

Même déconvenue pour Cédric Villani (13% selon les estimations), candidat dissident de LREM à la mairie de Paris, qui a aussi annoncé dimanche à l'AFP ne pas avoir été élu au Conseil de Paris, et être simple conseiller d'arrondissement dans le XIVe. "Je suis très fier d'avoir pu porter mes valeurs, mes convictions jusqu'au bout (...) et d'avoir porté des sujets cruciaux pour l'avenir de Paris, comme l'agrandissement de la capitale", a déclaré le mathématicien, médaillé Fields. "Cette élection est aussi un point de départ et nous allons continuer à travailler inlassablement avec nos deux élus d'arrondissement".

Aucun mandat pour Marlène Schiappa et Agnès Pannier-Runacher

Autres exemples de la déroute du parti présidentiel : les secrétaires d'État Marlène Schiappa et Agnès Pannier-Runacher ne peuvent même pas devenir conseillères d'arrondissement, n'obtenant ainsi aucun mandat. Dans le XIVe arrondissement, la liste LREM (sur laquelle Marlène Schiappa était en deuxième position) obtient en effet moins de 9% des voix. Et dans le 16e arrondissement, la liste du parti présidentiel (où Agnès Pannier-Runacher était en septième position), obtient environ 24% des voix.

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Pour La République en marche (LREM), c'est la fin d'une campagne calamiteuse où les avanies se sont multipliées : la dissidence de Cédric Villani, l'explosion en vol de la campagne de Benjamin Griveaux après la diffusion de vidéos intimes, puis les maladresses et les hésitations de sa remplaçante, l'ex-ministre de la Santé Agnès Buzyn, fragilisée par ses propos explosifs sur la "mascarade" du premier tour, sur fond d'épidémie de coronavirus.

Selon les estimations, Anne Hidalgo est largement en tête, obtenant entre 49,3% et 50,2% des voix, loin devant Rachida Dati (31,7 à 32,7%) et Agnès Buzyn (de 13,7 à 16%). Elle récolterait ainsi une centaine de sièges pour sa coalition Paris en Commun, contre une cinquantaine pour la droite LR et de 6 à 12 seulement pour la majorité présidentielle.