L'allusion au groupe Lafarge est à peine voilée. Dans le cadre des débats sur le projet de loi antiterroriste, La France insoumise a déposé un amendement visant à "confisquer tout ou partie" des biens des entreprises "suspectées de financer" le terrorisme. Le texte de l'amendement parle de "saisie inamicale", note L'Obs. Si la proposition a été rejetée par l'Assemblée nationale, elle jette une lumière crue sur les agissements supposés du cimentier Français en Syrie.

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Le Monde a révélé en juin 2016 que le groupe Lafarge a payé des taxes à l'organisation Etat islamique afin de maintenir l'activité de son usine de Jalabiya, à 87 kilomètres de Rakka, en 2013 et 2014. Une enquête a été ouverte en octobre dernier pour "relations financières illicites entre la France et la Syrie" à la suite de ces révélations.

Parallèle avec les nationalisations d'après-guerre

Défenseur de l'amendement, le député LFI Bastien Lachaud a évoqué le cas de Lafarge dans l'hémicycle. "Nous souhaitons qu'il soit possible pour l'Etat de réquisitionner une telle entreprise pour faire cesser immédiatement le financement d'actes terroristes par une entreprise française contre nos concitoyens". Une solution "raisonnable", juge le député, qui a dressé un parallèle avec les nationalisations d'entreprises tombées dans la collaboration lors de la Seconde Guerre mondiale.

L'amendement porté par LFI a toutefois été rejeté par l'Assemblée nationale. Le rapporteur de la loi, Raphaël Gauvain, a indiqué au député que des dispositions du code pénal répriment déjà "le blanchiment et le financement du terrorisme."

De son côté, le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb a rappelé qu'une enquête judiciaire avait été ouverte après les révélations sur l'activité de Lafarge en Syrie.