A peine la marche terminée, Jean-Luc Mélenchon s'est félicité de "l'immense succès" rencontré par cette mobilisation du 16 octobre. Selon les organisateurs, parmi lesquels la France Insoumise, 140 000 personnes se sont rassemblées au départ de la place de la Nation, à Paris, pour protester contre la vie chère et l'inaction climatique. "Nous avons d'ores et déjà réussi notre pari. Ce n'est qu'un début", a estimé la députée LFI Aurélie Trouvé, cheville ouvrière de la marche pour laquelle une centaine de bus avaient été affrétés dans toute la France. La police a, elle, estimé à 30 000 le nombre de manifestants.

La gauche unifiée en tête de cortège

Prenant la parole depuis l'estrade d'un camion, stationné au milieu de la foule, le chef des Insoumis a assuré : "Vous allez vivre une semaine comme on n'en voit pas souvent, c'est la grande conjonction, c'est nous qui la commençons". Avant d'ajouter : "aujourd'hui est le jour un, c'est la marche populaire. Le jour deux va être le 49.3 et le jour 3, ce sera la grève générale, le 18 (octobre)".

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En tête de cortège, de nombreuses figures de toute la gauche ont été aperçues. Des députés LFI Manuel Bompard et Clémentine Autain aux écologistes Sandrine Rousseau et Éric Piolle, en passant par Philippe Poutou (NPA). Le poing levé, Jean-Luc Mélenchon, cravate rouge et cocarde tricolore au revers de la veste, est arrivé au côté de la prix Nobel de littérature, Annie Ernaux. "Le message est simple : nous voulons un meilleur partage des richesses", a pour sa part estimé le numéro un du Parti socialiste, Olivier Faure, lors de ce "meeting en marchant", adressant un V de la victoire de la Nupes aux manifestants. De nombreux "gilets jaunes", mais aussi beaucoup de retraités ont été aperçus dans un défilé coloré avec quelques bonnets phrygiens et ponctué par des chants.

Une marche bon enfant avec quelques incidents

Quelques bombes lacrymogènes ont été lancées par des CRS en marge du défilé en milieu d'après-midi, après des jets de projectiles en leur direction, a constaté un journaliste de l'AFP. Les forces de l'ordre ont procédé à des charges. Plusieurs commerces ont été dégradés sur le parcours de la marche, de Nation en direction de Bastille. Une agence de la Société générale a également été saccagée par des hommes vêtus de noir et masqués, près du square Trousseau.

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Les services de police nourrissaient de "vraies craintes" face "à la venue de personnes violentes de l'ultra gauche, des ultra gilets jaunes qui voudraient perturber la manifestation". Au total, plus de 2 000 policiers étaient mobilisés pour sécuriser le cortège.

La marche survient en pleine grève dans les raffineries de TotalEnergies qui entraîne des pénuries de carburant. Et après la mobilisation du 29 septembre, une autre journée interprofessionnelle a été lancée pour mardi prochain par la CGT, avec FO, Solidaires, FSU ainsi que des mouvements de jeunesse. Le ministre des Comptes publics Gabriel Attal a, lui, fustigé "une marche des partisans du blocage du pays".