Nouveau coup dur pour La République en marche. Le député Aurélien Taché, un des marcheurs historiques, a décidé de quitter le parti présidentiel, déplorant notamment que "l'ouverture" du parti ne se soit "faite que vers la droite", annonce-t-il au Journal du Dimanche.

"En 2017, j'ai quitté le Parti socialiste parce qu'il n'était pas capable de dépasser ses frontières. Aujourd'hui, je quitte LREM exactement pour les mêmes raisons", déclare l'élu du Val-d'Oise, déplorant que le mouvement fondé en avril 2016 "n'ait pas été capable de construire un corpus idéologique, de trouver des convergences avec d'autres partis ou des alliés au sein de la société".

Selon Aurélien Taché, "l'ouverture ne s'est faite que vers la droite" et "les conservateurs sont aussi dans la majorité". "On l'a vu sur la question de l'accueil des réfugiés, qui reste pour moi une grande déception. Même chose sur les libertés : comment un mouvement progressiste peut-il voter la loi anti-casseurs", s'interroge celui qui fut rapporteur sur le volet "intégration" de la loi asile-immigration.

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Le député regrette également l'isolement du parti qui "n'a eu de cesse de répéter qu'il n'y avait point de salut en dehors [de lui], de refuser de voter tout ce qui venait des oppositions".

"Pas dans l'opposition"

Affirmant vouloir "porter les aspirations populaires écologiques et de solidarité", Aurélien Taché a précisé qu'il quitterait "très certainement le groupe" parlementaire. Les départs successifs des députés LREM pourrait rapidement conduire à la perte de la majorité absolue pour le parti présidentiel.

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Car la création d'un nouveau groupe est en gestation à l'Assemblée nationale, autour de députés dont certains ont déjà claqué la porte de LREM. Mais Aurélien Taché ne confirme pas vouloir rejoindre ce groupe dont la création pourrait être annoncée la semaine prochaine. "Je ne serai pas dans l'opposition", assure-t-il toutefois. "S'il faut choisir, je serai dans la majorité car je veux être constructif et obtenir des résultats pour les Français".

Ancien collaborateur ministériel de Sylvia Pinel puis d'Emmanuelle Cosse au Logement sous le précédent quinquennat, Aurélien Taché s'est fait remarquer par sa voix singulière au sein de la majorité, marquée par ses convictions de gauche. Issu d'un milieu populaire, diplômé sur le tard, il avait rejoint les équipes de campagne d'Emmanuel Macron dès 2016, séduit par "la promesse d'émancipation" portée par le candidat.

Son départ annoncé du groupe fait tomber l'effectif total à 295, contre 314 en juin 2017. Et LREM pourrait bien perdre la majorité absolue (289 sièges) si certains de ses membres rejoignaient effectivement le potentiel 9e groupe au Palais-Bourbon. Une situation qui ne s'est jamais produit dans l'histoire de la Ve République. Un séisme politique, donc, qui pourrait se produire dès la semaine prochaine.