Ils exultent. Un cri venu du coeur et qui semble s'adresser à la tour Eiffel qui se dresse devant eux. 20 heures viennent de sonner et le visage du nouveau président de la République s'affiche sur l'écran géant installé sur le Champ-de-Mars à Paris. Ils s'en doutaient depuis déjà quelques minutes : le bruissement des journalistes donnant les premiers les chiffres se faisait si fort qu'il a circulé jusqu'au milieu des militants qui par centaines affluent depuis 18 heures sur la grande place.

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Avec 57,8 % des voix, Emmanuel Macron est réélu face à Marine Le Pen qui, elle, récolte 42,2 % des suffrages. Le même duel que l'élection présidentielle de 2017 n'aura pas produit les mêmes effets. Certes le président sortant aura bénéficié encore une fois d'un meilleur report de voix, venues des électeurs d'électeurs de Valérie Pécresse mais aussi de Jean-Luc Mélenchon, mais l'écart entre les deux finalistes s'est réduit de quelques points. Il y a cinq ans, celui-ci l'emportait plus largement, à 66,1 % contre 33,9 % pour la candidate du Rassemblement national.

"La victoire se fait surtout grâce au barrage"

Si ce plus petit écart importe peu aux yeux des supporters d'Emmanuel Macron, certains s'inquiètent néanmoins de la suite. Devant les 1300 journalistes accrédités, ils secouent frénétiquement les drapeaux français et les étendards au nom de leur champion mais ils savent que ce vote est loin d'être un vote d'adhésion. "Contrairement à 2017, la victoire se fait surtout grâce au barrage plutôt qu'au projet. Il faut bien en être conscient. J'ai confiance en lui pour qu'il s'en rende compte", explique Paul, un étudiant en informatique et sympathisant du chef de l'État depuis la fin de la crise sanitaire.

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Denise, 59 ans, arbore fièrement un drapeau de la victoire de 2017 sur lequel est écrit : "Emmanuel Macron, président !" Elle, bientôt à la retraite, est militante "depuis la première heure". Fière du bilan, "des compromis politique réalisé à l'Assemblée nationale", dit-elle, mais "surtout de la gestion de la crise sanitaire", a naturellement revoté pour Emmanuel Macron. Mais elle ne se fait guère d'illusion : "C'était une drôle d'élection, non ? Demain est un autre jour mais je voudrais désormais qu'il prenne plus en compte certaines demandes de ceux qui ont voté pour Jean-Luc Mélenchon. On a bien servi la droite, c'est au tour de la gauche maintenant."

"One more" quinquennat

En parlant d'électeurs de Jean-Luc Mélenchon, deux jeunes étudiantes qui ont glissé au premier tour un bulletin au nom de ce dernier se sont mêlés à la foule des militants macronistes. Cassandre, 21 ans, étudiante en chinois, et Emma, 22 ans, étudiante en photographie, disent d'une même voix qu'elles "n'approuvent pas le bilan d'Emmanuel Macron" et comme leur aînée Denise attendent de lui qu'il prenne en compte une partie du projet insoumis.

Et les deux jeunes de prévenir : "Je revoterai pour les candidats de Mélenchon aux législatives." Il est 20h05 sur le Champ-de-Mars et les enceintes géantes crachent le son du tube "One more time" des Daft Punk. "One more" quinquennat sans doute mais demain est un autre combat pour Emmanuel Macron.