Les médecins n'en voulaient pas. Comme les buralistes avant eux avec le paquet neutre, ils ont été entendus par les sénateurs qui ont rejeté ce vendredi le tiers payant généralisé, une mesure phare du projet de loi santé qui concentrait les critiques des praticiens. Mais la victoire pourrait être de courte durée. La ministre de la Santé Marisol Touraine a aussitôt annoncé qu'elle représenterait cette mesure en nouvelle lecture devant l'Assemblée nationale, où la gauche est majoritaire.
Remise en cause "inutile" de la médecine libérale
La généralisation par étapes de ce système permettant de ne plus avancer les frais d'une consultation en médecine de ville qui constitue une promesse de campagne de François Hollande a déjà été adoptée en première lecture par l'Assemblée. Mais la commission des Affaires sociales du Sénat, considérant qu'elle constitue une remise en cause inutile de la pratique des professionnels de santé libéraux, avait décidé de la supprimer.
"Cette mesure est un des éléments majeurs de ce projet de loi parce que c'est de l'innovation", a déclaré Mme Touraine. "Or notre système de santé a besoin d'innovation". De son côté, le président de la commission des Affaires sociales Alain Milon (Les Républicains) s'est félicité que "satisfaction soit donnée aux médecins". Ceux-ci sont mobilisés depuis des mois contre le tiers payant général qui aboutira selon eux à "la fin de la médecine libérale".
Le débat sur le projet de loi santé, entamé lundi, doit se poursuivre au Sénat jusqu'au 2 octobre, avant un vote solennel le 6 octobre.
