C'est un tour de table qui donne le vertige: "Je suis le maire de Quimper. Moins 1 million d'euros par an", "Colombes, - 3 millions", "Saint-Geneviève-des-Bois, - 550 000". "Pour l'instant, nous n'avons pas d'augmentation", plaisante le maire socialiste du Mans, Jean-Claude Boulard. "Vitry, - 3 millions".
Et la liste s'égrène. Le maire manceau tient à faire une précision: "Pour ma part, je perds 4,2 millions. Mais il est important de calculer en hausse d'impôts, car il faudra prélever plus pour compenser ce manque. Au Mans, cela représente 8 points supplémentaires. Au final, c'est le contribuable qui paiera."
En annonçant le 29 septembre dernier son intention de réformer la DSU, le gouvernement a mis la pagaille dans 238 mairies menacées par une disparition totale de cette aide. Ce mardi, Michèle Alliot-Marie explique dans Le Parisien que cette réforme vise à diminuer le nombre de communes bénéficiaires (aujourd'hui 75% des villes de plus de 10000) et à éviter "un saupoudrage sans efficacité et même injuste". Pour abaisser le nombre de communes concernées par la DSU à 50%, le critère de la part des logements sociaux sortirait du mode de calcul. La ministre de l'intérieur rappelle rappelle également que l'enveloppe globale de la DSU augmentera de 70 millions d'euros et annonce qu'une réunion avec les associations de maires est prévue mardi 7 octobre au ministère.
Des maires d'accord sur le fond, mais pas sur la forme
De cette rencontre, les élus attendent l'instauration d'un moratoire d'un an, période nécessaire à la discussion de cette réforme. "Nous ne sommes pas opposés aux discussions, mais que cela se fasse dans l'ordre. Pour l'instant, c'est du bricolage et pas de la solidarité", explique Michel Destot, maire PS de Grenoble et président de l'association des maires des grandes villes de France (AMGVF).
Pour Claude Pernès, maire Nouveau centre de Rosny-sous-Bois et président de l'association des maires d'Ile-de-France (AMIF), la colère des élus locaux vient "de la brutalité de l'annonce et de l'incohérence par rapport à d'autres décisions, telles que la volonté d'encourager la construction de logements sociaux." Tous les élus présents rappellent que cette réforme touche autant les villes de droite que de gauche et que l'unité de leur mouvement illustre l'ampleur du danger.
Député-maire UMP de Sarreguemines (Moselle), Céleste Lett "préfère renoncer à des investissements que de mettre sa commune en difficulté" budgétaire et résume ainsi la pensée de la vingtaine de maires présents à cette conférence de presse. Tous attendent désormais la rencontre avec Michèle Alliot-Marie. Et après? Le maire PS de Saint-Geneviève-des-Bois, Olivier Leonhardt, prend la parole. "Beaucoup de maires concernés sont également députés. Qu'ils ne votent pas la loi de finances 2009 en l'état lors de son passage devant l'Assemblée nationale!"