Que serait une campagne présidentielle sans ses coups d'éclat, ses coups bas, ses coups tordus, ses coups fourrés... ? Parce que, comme dirait Edouard Philippe, "il faut faire les choses sérieusement sans se prendre au sérieux", le service politique de L'Express propose de vous immerger dans les coulisses de cette année présidentielle grâce à un rendez-vous hebdomadaire tous les jeudis sur notre site Internet.

Marine Le Pen pense au "rassemblement de demain"

Un pas vers Eric Zemmour ? Le mot "rassemblement" a, en tout cas, été employé par Marine Le Pen, revenant sur le déplacement mouvementé d'Eric Zemmour à Marseille. Le polémiste avait été rejoint, à l'église de la Major par Stéphane Ravier, qui lui avait fait part de son "soutien amical". Le sénateur RN avait précisé que sa "candidate s'appelait Marine Le Pen". Mais la photo des deux hommes avait toutefois fait jaser en interne. Interrogée sur le sujet, la candidate frontiste a pourtant pris le contrepied. "Ces amitiés sont susceptibles d'être des liens pour permettre demain un rassemblement des forces nationales, et c'est une bonne chose", a-t-elle assuré devant la presse, précisant qu'elle ne "doutait pas de la fidélité de Stéphane Ravier".

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Le rendez-vous secret de Macron

Le rendez-vous ne figurait pas à l'agenda présidentiel : le 14 décembre, Emmanuel Macron a reçu le communiste Jean-Claude Gayssot, qui fut ministre des Transports dans le gouvernement de Lionel Jospin, entre 1997 et 2002. En 2017, celui qui est aujourd'hui président du port de commerce de Sète (Hérault) avait appelé au second tour à voter en faveur du président actuel. Les deux hommes ont-ils évoqué la loi de 1990 dont Gayssot est l'auteur, qui réprime tout acte raciste, antisémite ou xénophobe ? Seule certitude : ils ont partagé un Cognac...

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Jean Castex et la deuxième lame du rasoir

Le Premier ministre comme le président regardent de près les quelque 5,7 millions de Français encore non vaccinés. Qui sont-ils ? Selon Jean Castex, il s'agit "d'un peu d'antivax mais surtout d'une majorité de gens éloignés du système". Raison pour laquelle il semble impensable aux yeux du Premier ministre de faire peser une obligation vaccinale sur les enfants. "Ajouter une obligation vaccinale pour les enfants en disant par exemple 'pas de vaccin pas d'école' serait comme la deuxième lame du rasoir", observe-t-il en privé. Le locataire de Matignon plaide pour une toute autre méthode :"Aller les chercher." En clair : communiquer, faciliter davantage l'accès au vaccin et rassurer ceux qui demeurent réticents. Si Emmanuel Macron n'a pas nié, lors de son entretien sur TF1, que nous étions "quasiment à l'obligation vaccinale pour les adultes", il sait que la vaccination des enfants reste un sujet sensible comme le montre notre sondage Elabe (sept parents sur dix seraient opposés à la vaccination de leur progéniture).

Pourquoi Eric Zemmour craint Valérie Pécresse

Selon Geoffroy Didier, l'eurodéputé membre de la garde rapprochée de Valérie Pécresse, la candidate des Républicains aurait un atout non négligeable face à Eric Zemmour : son genre. S'il admet bien volontiers qu'"être une femme ne fait pas un projet politique" et que l'électorat de droite "s'en fout", il croit en revanche que "Zemmour aura du mal avec une femme, en politique tu ne peux pas être agressif avec une femme, c'est une règle de convenance politico-médiatique". Jusqu'à présent, ce n'est pas le genre de détail qui semble arrêter le journaliste-candidat mais admettons.

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Les SMS restés sans réponse de Cyril Dion à Yannick Jadot

Douche froide pour le candidat écologiste à la lecture du JDD la semaine dernière. Selon le dernier baromètre jeunesse de l'Ifop, le candidat ne récolte que 8% des intentions de vote de l'ensemble des 18-30 ans. Chez les primo-votants, seulement 11% se disent prêt à voter pour Yannick Jadot. Une gifle tant la question environnementale a mobilisé les jeunes, notamment dans le cadre des marches pour le climat, ces dernières années. D'autant que plusieurs membres de l'équipe du candidat l'ont alerté sur la question sans que celui-ci n'apporte pour l'heure de réponse. Cyril Dion, figure écologiste, réalisateur et proche du mouvement de la Génération Climat a même prévenu Yannick Jadot : "Énormément de jeunes de la génération climat ne votent pas et préfèrent l'abstention. Je lui ai envoyé plein de textos pour l'alerter mais il ne répond pas."

Je peux m'imaginer tout bas... une déclaration

En cette période de boulimie médiatique, Emmanuel Macron s'étonnerait presque qu'on lui demande s'il va officiellement se déclarer candidat un jour. La conférence de presse de la PFUE ? Raté. Son interview psychanalytique-fleuve sur TF1 ? Raté. Mais alors quand, que diable ? Selon un ministre proche du chef de l'État, on peut encore patienter quelques semaines, puisqu'il n'y a pas urgence... "Le président a tout intérêt à rester président le plus longtemps possible. Qu'est-ce que vous voulez qu'il aille se mêler à tout ça : vous avez des candidats d'extrême droite qui s'écharpent et des candidats de gauche qui se passent des coups de fil. Pourquoi se dépêcher ?" Un autre membre du gouvernement croit déjà avoir tout vu : "On ne peut pas vraiment collecter les signatures sans avoir de nom, il les faut le 4 mars au plus tard... La fenêtre est courte, ce sera entre la deuxième et la troisième semaine de janvier !" Les oppositions n'ont pas fini de s'égosiller.

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Anne Hidalgo mère-la-doctrine

En parlant de la gauche 4G, un ministre qui en est issu - et qui se félicite de l'avoir quittée... - ne reconnaît plus la Anne Hidalgo qu'il a connue par le passé. Il aurait presque de la peine pour celle qui ne dépasse désormais plus les 3%. "Ce qui me frappe, outre sa très mauvaise campagne, c'est qu'elle est très agressive. Elle est en train de se construire une image de mère-la-doctrine qui la dessert : elle a le visage de plus en plus dur, on a l'impression qu'elle a les cheveux de plus en plus noirs, de plus en plus sombres..." À deux doigts de nous dire qu'il a croisé la maire de Paris rue Mouffetard un soir d'hiver. "Pourtant, c'était sans doute leur meilleure candidate", conclut-il. Et si c'était cela, le drame.