Créteil, ville morte demain: vous y allez fort...
Laurent Cathala: C'est le gouvernement qui y va fort ! Pour calculer la Dotation de solidarité urbaine (DSU), garante d'une certaine équité entre les communes, il envisage de ne plus tenir compte des logements sociaux et d'accorder moins d'importance à la présence de Zones urbaines sensibles (ZUS). Résultat: Créteil, comme 237 autres villes, perdrait sa DSU, c'est-à-dire 3,7 millions d'euros, soit 3% du budget de la ville ou encore 9 points de fiscalité. Or Créteil compte deux ZUS, le Mont Mesly et le quartier Bleuets-Bordières, et 40% de logements sociaux!
Quelles conséquences aurait cette perte sèche pour votre ville?
Dans le contexte économique et fiscal actuel, il est exclu que nous augmentions les impôts locaux, déjà élevés. Il nous faudrait revoir à la baisse nos politiques publiques, notamment en matière de développement social urbain, de sport et de culture.
Espérez-vous un recul du gouvernement?
Il lui est difficile d'expliquer que les HLM ne vont plus faire partie des critères d'attribution de la DSU. C'est profondément injuste. Comme si ces logements n'étaient pas habités par des populations modestes... Je pense que nous pouvons être entendus sur ce point.
75% des villes de plus de 10 000 habitants touchent la DSU. Le gouvernement a-t-il tort de vouloir réduire le saupoudrage?
Non, mais il existe d'autres moyens d'y parvenir. Peut-être en accordant plus d'importance aux critères de calcul de la DSU qui reflètent la richesse des communes, à savoir leur potentiel fiscal et le revenu de leurs habitants.