Ca y est, Bernard Kouchner s'est décidé: le 7 juin, lors des élections européennes, le ministre des Affaires étrangères de Nicolas Sarkozy votera... pour l'UMP. C'est en tout cas ce qu'il explique dans un communiqué publié lundi 11 mai à New York.
"Dans mon interview au Parisien sur l'Europe le 9 mai 2009, j'ai voulu souligner l'importance des élections au Parlement européen. Cette interview a suscité des incompréhensions, que mes propos d'hier n'ont pas suffi à clarifier", déclare le ministre.
M. Kouchner avait indiqué dans l'entretien qu'il voulait voir les différents programmes avant de se prononcer. Lundi dans un premier communiqué il s'était borné à rappeler qu'il soutenait Nicolas Sarkozy depuis deux ans.
"Je sers la politique étrangère du président de la République, que j'estime nécessaire pour la France. Le président de la République et le Premier ministre ont clairement affirmé leur vision de l'Europe: une Europe politique forte capable de peser sur les évolutions du monde. C'est celle que j'ai mise en oeuvre sous leur direction, avec enthousiasme et loyauté, en particulier pendant la présidence française de l'Union européenne", ajoute-t-il.
"C'est la conception de l'Europe que j'ai toujours défendue et dont j'espère toujours qu'elle dépassera les clivages nationaux et les logiques partisanes. C'est la conception du gouvernement auquel j'appartiens, celle dont s'inspire le programme présenté par Michel Barnier aux Français. C'est naturellement celle que je soutiens aujourd'hui et que je soutiendrai le 7 juin", précise le ministre depuis New York où il se trouve pour une réunion de l'ONU.
Le coeur de Kouchner
Le ministre met ainsi fin à un suspens insoutenable, qui a mis le monde politique en ébullition tout ce week-end. Les socialistes ont beaucoup moqué les incertitudes de Bernard Kouchner. Lundi matin, sur LCI, le porte-parole du PS, Benoît Hamon a ainsi ironisé sur le coordonnateur de la liste UMP, Michel Barnier, qui "a encore beaucoup de travail pour essayer de convaincre".
Sur Europe1, Michel Barnier a expliqué avoir fait porter à son collègue du gouvernement le projet de la majorité présidentielle. "Il y retrouve beaucoup d'idées qui sont les siennes. Je pense qu'à la lecture de ce programme, et surtout en faisant la comparaison avec l'absence de programme du Parti socialiste qui n'a comme seul projet que de critiquer, je pense qu'il n'aura pas beaucoup à attendre pour s'engager avec nous", a déclaré M. Barnier.
"Je ne crois pas que le coeur de Bernard Kouchner balance puisqu'il a choisi depuis deux ans (...) d'être dans la majorité et dans le gouvernement. Dans un gouvernement où on ne cherche pas à se ressembler, on se rassemble mais chacun vient avec sa sensibilité," a ajouté le ministre de l'Agriculture.
"Nous devons respecter le parcours, la sensibilité", a-t-il ajouté à propos de son collègue ex-socialiste, assurant "ne pas croire qu'il soit sorti de la solidarité gouvernementale".
"Il est le ministre des Affaires étrangères et européennes depuis deux ans, il est solidaire de l'action du président et il a des raisons, nous avons des raisons d'être fiers d'être derrière le président de la République quand on voit comment il a prouvé que la politique reprenait le dessus" lors de la présidence française de l'UE a conclu M. Barnier.