Un temps de circonstance, gris et pluvieux. Quand se termine l'hommage aux victimes du terrorisme, vers 11 heures ce lundi, les familles de victimes ne veulent plus partir. Comme pour prolonger le recueillement. En aparté, la ministre de l'Education, Najat Vallaud-Belkacem, discute avec Yasmine, la jeune femme de 21 ans qui vient de livrer un témoignage déchirant et un appel à lutter contre les "amalgames". Elle a perdu plusieurs proches à Nice, le 14 juillet dernier.

Priorité aux victimes

Non loin, Manuel Valls se prête aux selfies. Une dame demande à Juliette Méadel, la secrétaire d'Etat aux victimes, des nouvelles de son indemnisation. Une fois n'est pas coutume : ce ne sont pas les politiques qui auront imprimé leur marque, mais les victimes. Celles du Bataclan, de Nice, de Ouagadougou, de Gao... Au pupitre, dans le jardin des Invalides, toutes racontent leur souffrance, brute, sans remède.

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Un rescapé donne sa voix à ceux qui sont tombés. "Je suis Denise... Je suis Alexiane... Je suis Stéphanie... Je suis Robert", scande-t-il. Ensuite, les noms de 250 morts sont lus. Certaines familles, ne souhaitant pas apparaître à la télévision - la cérémonie est retransmise sur plus de six chaines! - , ont été placées en retrait, de façon à tourner le dos aux journalistes.

Fragile unité nationale

Sous une tente blanche, les responsables politiques écoutent avec gravité. La première rangée rassemble le gouvernement et... Nicolas Sarkozy. Il a pour voisin Manuel Valls. A son arrivée, vers 8h30, l'ex-président reste un long moment seul, debout et figé. Personne ne vient lui parler. Seul le président de l'Assemblée nationale, Claude Bartolone, s'approche. On sent que l'unité nationale, ébranlée ces derniers temps, peine à reprendre ses droits.

Dans son discours, où il rappelle que "jamais notre pays n'avait été attaqué" de la sorte, François Hollande évite toute pique à l'opposition. Il envoie des mots de réconfort à Jacques Chirac. Enfin, il annonce, avec ce goût immodéré pour les mesures techniques, une réforme du fond d'indemnisation des victimes du terrorisme. Avant de quitter les Invalides. Direction: New York, pour l'assemblée générale des Nations-Unies. Une ville où la question du terrorisme est plus que jamais d'actualité.