Pour le 28e défilé du 1er mai du FN, Marine Le Pen aurait simplement pu savourer ses bons résultats aux départementales et une conjoncture politique favorable. Las, les deux derniers mois ont aussi été le théâtre d'une violente brouille familiale et du développement des enquêtes judiciaires sur les finances du parti.

Sur la tribune, place de l'Opéra, Marine Le Pen sera entourée des 62 conseillers départementaux FN élus fin mars. Les ténors de son parti, dont son encombrant père, seront relégués en deuxième rideau, mais "il n'y a pas de rétrogradation, on n'est pas à la cour princière", a ironisé la dirigeante du parti.

S'il est effectivement présent au défilé, "Le Pen", hospitalisé il y a deux semaines pour un "petit problème cardiaque", devrait être, une fois de plus, au coeur de l'attention même si, comme en 2013 et 2011, il ne s'exprimera pas à la tribune.

Que va dire sa fille? Marine Le Pen, elle, pourrait juste se réjouir des bons résultats électoraux récents du FN, et de la place majeure prise par son parti dans la vie politique française, bien aidé en cela par les régulières mises en garde contre le "danger" frontiste venant de l'exécutif et par la situation du pays: attentats de janvier, question migratoire au coeur de l'actualité, chômage en hausse et économie atone.

Une adresse "assez musclée"

Par ailleurs, Marine Le Pen devrait annoncer courant mai si elle est elle-même candidate en région Nord-Pas de Calais-Picardie. Mais son discours de ce vendredi devrait être consacré à "l'actualité dramatique: immigration, islamisme, Europe, économie", assure son bras droit Florian Philippot, qui prévoit déjà une adresse "assez musclée".

Moyen aussi d'évacuer les turpitudes judiciaires que rencontre la direction du FN version Marine Le Pen: une enquête judiciaire se penche sur le financement des campagnes électorales depuis l'accession de la dernière fille du "Menhir" à la présidence du parti. Cinq personnes physiques ainsi qu'une personne morale, la société Riwal, ont été mises en examen depuis fin janvier.

Une autre enquête a été ouverte par le parquet de Paris fin mars sur des soupçons de fraude dans l'emploi des assistants d'eurodéputés du Front national, payés par le budget du Parlement européen.