Chaque matin, à l'approche de la présidentielle, L'Express vous sélectionne les meilleurs passages des politiques dans les médias.
En deux heures d'interview sur TF1 et LCI, mercredi soir, Emmanuel Macron a longuement défendu le bilan de son quinquennat, reconnu des erreurs et assuré "avoir appris". Mais il a aussi répondu à ses adversaires Valérie Pécresse et Eric Zemmour, et proposé une nouvelle réforme des retraites. A quatre mois du premier tour de la présidentielle, le 10 avril, le chef de l'Etat n'a pas répondu, comme prévu, aux appels pressants des oppositions pour qu'il entre enfin dans la course et cesse de mener campagne "sans le dire".
Gérald Darmanin : " J'ai vu Emmanuel Macron tel que je le connais : humain et humble"
Sur France 2, ce jeudi matin, Gérald Darmanin a jugé la prestation d'Emmanuel Macron : "J'ai vu le président de la République tel que je le connais : humain, humble, reconnaissant ses erreurs..." Selon le ministre de l'Intérieur, le chef de l'Etat, "déterminé" et "en responsabilité", "prend des positions qui ne sont pas populaires" comme la fermeture des discothèques, le port du masque à l'école pour les enfants ou le contrôle des chômeurs.
"Pendant la crise du Covid, il a sauvé l'économie, il a sauvé des millions d'emplois, il a fait en sorte que nos enfants retournent le plus vite à l'école", a poursuivi Gérald Darmanin. "Heureusement que c'est lui qui était à la barre", s'est enthousiasmé le ministre, jugeant ce quinquennat particulièrement "réformateur", "malgré les gilets jaunes et la crise Covid".
Selon le ministre de l'Intérieur, 11 000 faux passes sanitaires ont par ailleurs été découverts. Les poursuites pourraient être abandonnées pour les personnes ayant des faux passes sanitaires mais souhaitant se mettre en règle, comme l'a précisé le ministre de la Santé Olivier Véran aux députés de la commission des affaires sociales. "Si ces personnes se présentent spontanément - pas ceux qui organisent les réseaux - et disent 'finalement je m'aperçois de l'énorme bêtise que j'ai faite et je veux avoir un vrai passe et me faire vacciner' évidemment nous serons indulgents, sinon nous les condamnerons", a déclaré Gérald Darmanin.
Julien Denormandie : "Je ne vois pas qui a la carrure, l'énergie et l'humilité d'Emmanuel Macron"
Un autre ministre, Julien Denormandie, a estimé que le "courage" d'Emmanuel Macron a été "mis en avant" mercredi soir sur TF1, comme sur la réouverture des écoles lors du premier confinement, et le maintien de leur ouverture par la suite malgré les différentes vagues. "Je ne sais pas dans quel état serait la France aujourd'hui si Emmanuel Macron n'avait pas eu le courage d'affronter la crise comme il l'a fait", a-t-il estimé sur Public Sénat, disant avoir reçu "plein de messages" lui indiquant que le chef de l'Etat a été "au-dessus du lot".
Le ministre de l'Agriculture et de l'Alimentation dit "ne pas voir (quelle autre personnalité politique) a sa carrure, cette énergie, cette volonté d'action et cette humilité". "Il a mis en avant avec beaucoup d'humilité les erreurs qu'il a pu faire", a-t-il complété, jugeant également que le chef de l'Etat a eu une "hauteur de vue en tout point exceptionnel".
Eric Zemmour : "Emmanuel Macron a surtout parlé de lui, et assez peu de la France"
De son côté, Eric Zemmour a regretté "qu'il parle surtout de lui et assez peu de la France", évoquant "un numéro de narcissisme un peu marqué" et de "nombrilisme". L'intervention du chef de l'Etat "ne l'a pas beaucoup intéressée" a-t-il jugé sur France Inter. "Nous avons deux visions absolument antagonistes de la France, on est aux antipodes", a rappelé le candidat d'extrême droite.
Gabriel Attal : "On va mettre en place un contrôle aux frontières avec le Royaume-Uni encore plus drastique"
Le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal a pour sa part estimé que le président de la République "a voulu se faire comprendre auprès de ceux qui se posaient des questions", "dire ce qui a été réussi et ce qui n'a pas été réussi". "C'était un exercice et un échange important", a-t-il souligné sur BFMTV et RMC. Pour Gabriel Attal, par ailleurs, "le fait de ne pas être en campagne n'est pas un avantage mais un inconvénient".
Le porte-parole du gouvernement a également annoncé que la France va durcir les conditions d'accès pour les voyageurs en provenance du Royaume-Uni afin de limiter la propagation du variant Omicron, notamment à l'approche des vacances de Noël. La validité des tests pour se rendre en France depuis le Royaume-Uni va être réduite de 48 heures à 24 heures, a-t-il indiqué, et les motifs de voyage seront "limités aux résidents français et à leurs familles". Les déplacements de "tourisme ou professionnels pour des personnes qui ne sont pas résidentes en France seront limités". Un isolement sera en outre requis à l'arrivée, dans un lieu que les voyageurs "choisiront pendant sept jours, avec un contrôle des forces de sécurité", mais qui pourra être "levé au bout de 48 heures" si un test réalisé à l'arrivée en France s'avère négatif.
L'objectif de ce "contrôle encore plus drastique que celui qui existe aujourd'hui" pour les voyageurs en provenance du Royaume-Uni est de "ralentir au maximum l'arrivée de cas de variant Omicron sur notre sol, le temps qu'on vaccine avec des doses de rappel", a expliqué le porte-parole du gouvernement. "Cela permet de resserrer encore les mailles du filet pour ralentir au maximum" sa propagation, a-t-il insisté, au moment où "le variant Omicron devient majoritaire en Grande-Bretagne, s'il ne l'est pas déjà". En France 240 cas ont été détectés, mais "il y en a probablement plus", a-t-il ajouté. "Notre logique est de retarder au maximum le déploiement du variant Omicron sur notre territoire", a poursuivi Gabriel Attal, la stratégie de l'exécutif étant de mettre le paquet sur la campagne de rappel de vaccination dans la mesure où le vaccin "a une efficacité sur le variant Omicron".
