La guerre ouverte que se livrent Marine et Jean-Marie Le Pen ne suffisait pas. En marge du défilé du 1er mai du Front national, des couacs et déconvenus ont émaillé la cérémonie tenue dans la matinée place de l'Opéra, à Paris.

Seins nus s'abstenir

Deux Femen ont tenté de perturber le cortège du parti d'extrême droite en se montrant, seins nus, au moment où Marine Le Pen déposait une gerbe devant la statue équestre de Jeanne d'Arc. Elles ont été brutalement évacuées par le service d'ordre frontiste.

Mais c'était sans compter sur les féministes provocatrices. Trois autres militanes sont ainsi apparues... à la fenêtre ! Cette fois pour interrompre le discours de Marine Le Pen durant plusieurs minutes. Après avoir installé des drapeaux en référence au régime nazi, elles ont scandé "Heil Le Pen".

Voici les images de leur évacuation musclée du balcon, situé au-dessus de la place de l'Opéra:


Il est "paradoxal de se dire féministe et d'interrompre un discours en honneur à Jeanne d'Arc, a souligné Marine Le Pen en reprenant le contrôle de la situation. Je crois que certaines vont devoir aller se rhabiller."

On apprend finalement que les trois militantes du balcon et leur accompagnateur ont été interpellés. Tous sont entendus dans le cadre d'une audition libre et n'ont pas été placés en garde à vue, selon une source policière citée par l'AFP.

D'après Francetv info et Metronews, les Femen vont porter plainte plainte contre X pour "violences, violation de domicile et arrestation arbitraire".

Journalistes mal-aimés

Le FN refuse généralement toute participation de journalistes du Petit Journal. Ce 1er mai n'a, en quelque sort, pas dérogé à la règle.

Une équipe de trois personnes du Petit journal a été agressée dans le défilé du Front national par des militants, avant d'être exfiltrée par le service d'ordre du parti frontiste.

Un caméraman, un journaliste et un ingénieur son ont été "encerclés par plusieurs militants après une interview de Bruno Gollnish", détaille Canal +.

L'intéressé semble confirmer:

Les images aussi:

Un des journaliste agressé a confié à FTVi s'être pris "des pains dans la gueule". "L'une de nos deux équipes sur place a été prise à partie par des militants FN qui les ont frappés, notamment au dos et dans la nuque, mais ils vont bien", poursuit la chaîne cryptée.

L'intervention des agents de sécurité du FN a permis de mettre fin aux représailles contre les journalistes.

Interrogée sur une éventuelle plainte, la chaîne a expliqué ne pas avoir pris de décision à ce stade mais évoque des journalistes "violemment molestés":

Bruno Gollnish a quant à lui réagi dans un communiqué: "Il y a deux semaines, Le Petit Journal de Canal + diffusait frauduleusement une de mes correspondances privées. Ce 1er mai, une autre équipe de ce programme a cherché autour de moi pendant près d'une heure à capter tout aussi frauduleusement et à notre insu nos conversations privées à l'aide d'un micro-perche. La loi, les directives très précises du CSA, et la morale la plus élémentaire prohibent ces procédés. Je réponds toujours courtoisement aux micros des journalistes qui m'interrogent. En revanche, je détruis les micros des espions. À bon entendeur..."

>> Lire aussi:Le FN et Canal +, une histoire émaillée de clashs

Nos journalistes de C à vous ont aussi été agressés lors du défilé du FN", a annoncé plusieurs heures après l'agression des journalistes de Canal la journaliste Anne-Sophie Lapix.


L'animatrice de C à vous a également annoncé que son émission en ferait état lundi, l'émission du soir même ayant déjà été enregistrée.

Jean-Marie contre Marine

Tous les regards étaient, bien sûr, braqués sur la fille et son père, depuis que la première a politiquement tué le second. Alors qu'il ne devait pas y figurer, Jean-Marie Le Pen est brièvement monté sur la scène, au tout début du discours de Marine Le Pen, acclamé par la foule.

Le président d'honneur du Front national s'est très peu exprimé. Evitant soigneusement de croiser sa fille, il a crié un "Jeanne au secours", devant la statue de Jeanne d'Arc. Et lancé, à son arrivée au rassemblement, un sobre "chacun est à sa place". Le principal est d'y rester.

Drapeaux identitaires interdits

Un peu plus tôt, alors que le rassemblement ne faisait que débuter, des militants FN ont déplié des drapeaux identitaires. Le service d'ordre a dû intervenir pour les faire disparaître. Seules les banderoles françaises et régionales ont été acceptées, ont constaté des journalistes sur place.

Ciel gris

La faute à la météo? Les observateurs présents au défilé ont constaté que la foule était peu nombreuse, en ce 1er mai pluvieux.

Un "spectacle effarant" que préfèrerait oublier le Premier ministre: