Le temps fort de sa campagne

Il est déjà loin, puisqu'il remonte à... l'année dernière. En juillet 2011, l'ancienne magistrate crée la surprise et remporte la primaire écologiste, devançant largement le très médiatique Nicolas Hulot (58% des voix contre 41%). La légitimité interne -elle est l'une des figures phares d'EELV depuis la création du parti, l'image d'éthique et de sérieux de l'ancienne juge d'instruction de l'affaire Elf avaient séduit les écologistes. Mais ce pouvoir de séduction semble s'être éteint.

La mesure qui lui sert de signature

Outre son accent norvégien et son passé de Miss, c'est son engagement pour la sortie du nucléaire qui fait la griffe d'Eva Joly. Après la catastrophe de Fukushima en mars dernier, la candidate est plus que jamais engagée pour la sortie du nucléaire, sortie qui pourrait être effective d'ici vingt ans, selon Eva Joly. Et, pour l'ancienne magistrate, "tous les moyens sont bons" pour atteindre cet objectif.

La casserole qui lui colle aux basques

Des casseroles, l'ancienne magistrate n'en a pas tellement, éthique oblige. Pour le moment, on ne lui en connaît même aucune. Des maladresses, des erreurs de com', en revanche, quelques unes. A commencer par sa première proposition de candidate à l'élection présidentielle: supprimer le défilé militaire du 14 juillet, et le remplacer par un "défilé citoyen". Une proposition qui déclenche immédiatement un tollé dans l'ensemble de la classe politique, à droite comme à gauche. Et quelques mois plus tard, la candidate persiste et signe, suggérant de remplacer le 11 novembre par une "journée européenne de la paix".

Ses chances de créer la surprise

Voyons les choses en face: pour Eva Joly, créer la surprise, ce serait dépasser les 5% le 22 avril prochain. Guère plus. Et ce serait déjà beaucoup pour la candidate, qui ne dépasse pas la barre des 3 ou 4% depuis le début de sa campagne. A tel point que certains, comme Noël Mamère, s'interrogent sur l'intérêt du maintien de sa candidature. La candidate, elle, continue d'affirmer qu'elle " ira jusqu'au bout ".

Ce qu'elle fera après l'élection

Sur ce point là, la franco-norvégienne reste discrète. Si elle a déjà prévu ce qu'elle ferait en cas de victoire, elle n'a en revanche pas indiqué quels sont ses projets en cas de défaite, hypothèse nettement plus réaliste. Peut-être continuera-t-elle la politique comme députée européenne. Peut-être retournera-t-elle à la magistrature. Ou peut-être encore se consacrera-t-elle à l'écriture, car la candidate EELV à l'élection présidentielle - qui n'est pas si austère qu'on pourrait le croire- est également l'auteur d'un roman policier.