Le président de la République s'est rendu ce mardi dans la Meuse, afin de poursuivre son "itinérance mémorielle" pour le centenaire de la fin de la Première guerre mondiale. Il est arrivé ce matin dans la commune des Éparges, et s'est recueilli sur le buste de Maurice Génévoix, dont il a annoncé la panthéonisation. Emmanuel Macron s'est ensuite dirigé vers Verdun aux alentours de 13 heures, pour rendre hommage aux combattants de la bataille, qui a duré de février à décembre 1916, et fait plus de 300 000 morts.
Le président accompagné par des jeunes
Dans les cérémonies d'hommage de la journée, les enfants ont été très présents. D'abord aux Éparges, Emmanuel Macron s'est rendu avec un jeune garçon au cimetière militaire du Trottoir pour fleurir la tombe de Robert Porchon, "frère de sang" de Maurice Génévoix pendant la guerre.
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Au mémorial de Verdun, dans le village de Fleury-devant-Douaumont, Emmanuel Macron est arrivé avec sa femme Brigitte Macron. Ils ont visité le musée, puis ont rencontré des lycéens de l'établissement Marguerite de Verdun, accompagnés par le géographe Jean-Pierre Amat. Ils lui ont ensemble présenté la vie du village avant la guerre, et ont discuté du lien que la génération entretient avec ce territoire. Le village, détruit par la guerre en 1916, n'a jamais été reconstruit, et est donc devenu un lieu de souvenir complètement inhabité.
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"Je voulais rendre hommage aux villages disparus" au cours de cette "itinérance mémorielle" pour marquer le centenaire de la fin de la Première Guerre mondiale, a expliqué le président. "Beaucoup de nos concitoyens ont oublié" les huit villages de la Meuse qui ont été déclarés "morts pour la France" en 1918 et sont depuis désertés. "Ce sont des mémoires familiales ensevelies", a-t-il observé.
Raviver la flamme du souvenir
Après plus d'une heure, Emmanuel Macron s'est rendu à la nécropole de Verdun, où il a été accueilli par une cérémonie militaire en présence du 1er régiment de tirailleurs d'Épinal.
Toujours accompagné des lycéens, il s'est arrêté avec eux devant la plaque commémorant le moment où le chancelier allemand, Helmut Kohl, et le président français, François Mitterrand, étaient apparus main dans la main le 22 septembre 1984.
Emmanuel Macron est ensuite remonté seul vers l'ossuaire, où reposent les restes de 130.000 soldats français et allemands. Accompagné de deux enfants, il a ravivé solennellement la flamme du souvenir.
Hommage aux soldats des colonies
La journée doit se terminer à Reims avec un hommage aux héros de "l'Armée noire", ces troupes coloniales composées principalement de tirailleurs sénégalais. 200 000 sont montés au front, et 30 000 y ont perdu la vie. Emmanuel Macron y inaugurera le nouveau monument dédié aux héros de cette armée, construit en 2013.
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En effet, un premier monument avait été érigé en 1924, et détruit en 1940. Il avait été envoyé en Allemagne pour être fondu, l'Allemagne nazie ne supportant pas la "honte noire", soit l'occupation en 1920 de la rive gauche du Rhin par "100 000 soldats des colonies", affirme Cheikh Sakho, professeur d'anglais d'origine sénégalaise qui a consacré une thèse à ce sujet, au Figaro.
Emmanuel Macron sera accompagné du président malien Ibrahim Boubakar Keita, premier des chefs d'Etat à participer aux célébrations, avant Theresa May, Angela Merkel et Donald Trump, qui seront eux présents à Paris les 10 et 11 novembre avec une soixantaine d'autres dirigeants internationaux.