Pour une fois, l'exécutif aura remplacé sans tarder un ministre démissionnaire. Elisabeth Borne a été nommée mardi soir tard ministre de l'Ecologie en remplacement de François de Rugy, selon l'Elysée.
Elle gardera parallèlement le portefeuille des Transports, qu'elle pilote depuis 2017, sans pour autant reprendre le titre de ministre d'Etat de ses prédécesseurs.
Pour sa première réaction en tant que ministre de l'Ecologie, elle s'est dite "déterminée à poursuivre ce combat essentiel qu'est la transition écologique et solidaire".
François de Rugy avait annoncé sa démission plus tôt dans la journée, évoquant le "lynchage médiatique" exercé notamment par Mediapart, qui a révélé plusieurs affaires depuis une semaine.
La pression n'a cessé de croître pendant une semaine
Le site d'investigation a notamment décrit par le menu les dîners somptueux à l'hôtel de Lassay donnés par le couple de Rugy, lorsque le député était président de l'Assemblée nationale. En cause, outre le faste des repas, la liste des invités, plus proche du cercle amical que du cercle professionnel, selon le média.
Malgré une défense pied à pied, la pression n'a cessé de croître sur le ministre, au gré de nouvelles révélations - dont celle sur son logement à vocation sociale et celle dont il savait la publication imminente, sur l'utilisation de son IRFM pour payer sa cotisation à EELV - ne lui laissant d'autre choix que de quitter le gouvernement.
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Si l'exécutif avait tardé pour remplacer Nicolas Hulot et surtout, Gérard Collomb, cette fois, le meccano gouvernemental a été vite remis en place : François de Rugy est remplacé par Elisabeth Borne, qui était jusque-là sous sa tutelle, en charge du ministère des Transports.
Elisabeth Borne s'était distinguée la semaine dernière en annonçant une écotaxe pour les avions, une mesure destinée à financer les "infrastructures de transports", et sera pour "trois-quarts" des "investissements en faveur du transport ferroviaire".
Elle hérite d'un ministère réputé "impossible" où, entre le poids des lobbys et le manque de détermination du couple exécutif, les titulaires dépassent rarement les 18 mois en poste.
