"L'increvable." C'est le projet que deux jeunes entrepreneurs présentent à Benoît Hamon, à La Courneuve, le 12 avril: "La machine à laver conçue pour durer cinquante ans", claironne une affiche accrochée sur un mur de la pépinière d'entreprises. Le candidat socialiste examine le tambour du prototype, interroge poliment ses concepteurs.

Une campagne semée d'embûches

Question lessiveuse, la campagne a fait de lui un expert. Il y eut d'abord le long prélavage imposé par Europe Ecologie-les Verts pour débrancher Yannick Jadot. Et puis est arrivé le programme long: les affaires Fillon qui ont monopolisé l'attention des médias. Zappés, les perturbateurs endocriniens. Snobé, le revenu universel. Encore une réaction sur le Penelopegate, M. Hamon? Ou peut-être sur le ralliement de Manuel Valls à Emmanuel Macron? "Chaque fois que tu penses que la campagne redémarre, on remet 10 balles dans la machine des affaires Fillon, ou on nous parle de candidature unique avec Mélenchon", se lamente son directeur de campagne, Mathieu Hanotin.

La question des législatives

Parti avec 18% d'intentions de votes après la primaire de janvier, Benoît Hamon se retrouve au soir du 23 avril avec un score bouilli à 90°C.

REPORTAGE >> A la Mutualité, la sidération des partisans de Benoît Hamon

A-t-il encore les épaules assez larges pour mener la campagne des législatives et conquérir le PS à l'automne? "Les hamonistes comme les vallsistes ne sont pas majoritaires dans le parti", tranche un ponte de Solférino, peu optimiste sur l'avenir des frères ennemis de la primaire.