Le marathon commence. Les sept candidats de la primaire à gauche entament ce jeudi une série de trois débats télévisés en une semaine. Cette première confrontation est organisée par TF1, RTL et L'Obs, en partenariat avec LCI et Public Sénat. Début des hostilités prévu à 21 heures. L'enjeu est de taille pour les impétrants, la primaire à droite ayant montré l'influence décisive de ces joutes dans le résultat de l'élection.
L'émission est divisée en trois parties. La première heure est consacrée aux sujets économiques et sociaux. Selon Le Monde, les sept concurrents sont ensuite interrogés pendant trente minutes sur la sécurité et le terrorisme, avant d'évoquer la laïcité et la question de l'identité dans la dernière demi-heure. L'émission, d'une durée prévisionnelle de deux heures, doit permettre à chaque candidat de s'exprimer entre 17 et 18 minutes.
Le dispositif mis en place par TF1 ressemble comme deux gouttes d'eau à celui du premier débat de la primaire à droite. Les sept candidats sont ainsi installés derrière des pupitres disposés en arc de cercle. Le décor affiche une couleur à dominante rose, plus proche de la gauche que le bleu des Républicains.
Manuel Valls parle en premier
Un tirage au sort réalisé avant les vacances de Noël au siège du PS a déterminé la position des candidats. Benoît Hamon occupe le centre du plateau aux côtés de Jean-Luc Bennahmias et François de Rugy, tandis qu'Arnaud Montebourg se trouve derrière le pupitre le plus à gauche. De son côté, Manuel Valls se tiendra à droite, entouré de Sylvia Pinel et de Vincent Peillon. Signe de l'enjeu, ce tirage au sort a été effectué sous contrôle d'huissier, rapporte L'Obs.
Les interventions des candidats sont également calquées sur le premier débat de la droite. "On reprend la même recette car elle est très simple", confie à Paris Match Gilles Bouleau, l'un des trois modérateurs de l'échange.
Les sept candidats disposent d'1 minute 20 lors de leur première prise de parole. Manuel Valls ouvre le bal, suivi de François de Rugy, Vincent Peillon, Sylvia Pinel, Benoît Hamon, Arnaud Montebourg et Jean-Luc Bennahmias. Les prétendants à l'Elysée ont le même temps de parole pour conclure l'émission. Joie du tirage au sort, c'est François de Rugy qui a le privilège de s'exprimer en dernier. Lors du débat, aucune intervention ne peut dépasser 1 minute 30 et chaque candidat mis en cause par un de ses adversaires doit lui répondre en 45 secondes.
Trois candidats inconnus du grand public
"Lorsque nous avons proposé cette forme de débat aux candidats de la droite française, ils ont d'abord été effrayés. A l'arrivée, cela a très bien fonctionné", se rappelle Gilles Bouleau. Le premier débat de la primaire à droite avait en effet attiré 5,6 millions de téléspectateurs. Un succès d'audience qui ne doit pas masquer les limites de l'exercice. Lors de cette confrontation, le rythme des échanges était souvent saccadé. La présence de trois présentateurs n'avait rien arrangé et contribuait à l'impression de flottement.
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La primaire à gauche offre en outre une difficulté supplémentaire. Trois des sept candidats - Sylvia Pinel, François de Rugy et Jean-Luc Bennahmias - sont inconnus du grand public. A droite, seul Jean-Frédéric Poisson manquait de notoriété. De quoi rendre le débat moins vivant? "Nous allons devoir susciter de la curiosité, concède Gilles Bouleau à Paris Match. En 2011, Jean-Michel Baylet - le moins connu des concurrents de la primaire de gauche - avait créé la surprise, y compris avec le cannabis."
Mais le dispositif ne fait pas tout. La primaire de la droite l'a démontré: plus que des détails techniques, c'est bien l'attitude des candidats et leurs divergences qui animent l'échange ou le rendent morne. Après un premier débat lénifiant sur l'économie, les prétendants à l'investiture LR s'étaient réveillés dans un second débat sur BFMTV portant sur les questions régaliennes. Le dispositif était pourtant le même que durant la première joute.
Ce jeudi, les responsables de gauche croisent le fer sur l'économie. Entre le positionnement social-libéral de Manuel Valls, la ligne keynésienne d'Arnaud Montebourg et le projet de revenu universel de Benoît Hamon, les divergences ne manquent pas entre les candidats. Ils ne devraient pas manquer l'occasion de les souligner, à moins de deux semaines du premier tour de scrutin.
