Valls ou Peillon? Hamon ou Montebourg? De Rugy ou Bennahmias? Et Pinel? Dans trois jours, les Français qui le souhaitent (et sont inscrits sur les listes électorales) sont invités à se rendre aux urnes pour choisir leur candidat dans le cadre de la primaire organisée par le Parti socialiste. Avec une campagne de quelques semaines, les positions des candidats socialistes ne sont pas toujours aisément identifiables. Pour aider les électeurs à s'y retrouver, L'Express a repris les principaux thèmes de la campagne, pour guider les électeurs dans leurs choix.

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Faut-il ou non faire sauter les 35 heures?

La durée du temps de travail, c'est un peu le match entre Benoît Hamon et Manuel Valls. Le premier propose "d'encourager" la réduction du temps de travail en réaffectant par exemple en priorité le CICE aux entreprises soutenant la baisse de la durée du travail. Un droit "inconditionnel" au temps partiel, appuyé par une compensation salariale, serait reconnu.

Manuel Valls prend le parfait contre-pied. Lui s'engage à réintroduire la défiscalisation des heures supplémentaires. La mesure, introduite dans les années Sarkozy, avait été supprimée au début du quinquennat Hollande.

De son côté, Jean-Luc Bennahmias envisage d'instaurer une plus grande souplesse pour les petites entreprises. A ce jour, les autres candidats à la primaire ne se sont pas engagés sur une remise en cause de la durée légale du travail.

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Faut-il dépénaliser ou légaliser le cannabis?

Quatre candidats se sont formellement engagés à légiférer sur la question. Benoît Hamon, Jean-Luc Bennahmias, Sylvia Pinel et François de Rugy se sont montrés favorables à la légalisation. Beaucoup moins catégorique, Vincent Peillon se contenterait "d'ouvrir le débat" en France.

Montebourg et Valls penchent de leur côté pour le maintien de l'interdiction.

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Comment redonner du pouvoir d'achat aux Français?

Depuis le début de la campagne, les candidats de la primaire à gauche rivalisent d'imagination pour garnir le portefeuille des Français. Benoît Hamon propose aux Français de travailler moins en bénéficiant à terme d'un revenu garanti de plusieurs centaines d'euros. C'est le principe du revenu universel, dont les modalités de mise en oeuvre demeurent pour autant très floues.

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Cette proposition est vivement contestée par Arnaud Montebourg. Lui se présente comme le candidat de la fiche de paie, promet d'augmenter le smic et de rendre 10 milliards d'euros d'impôts aux Français.

Manuel Valls s'en tient à une fusion encore non détaillée des minima sociaux, tandis que Vincent Peillon entend plafonner le montant de taxe d'habitation payée par les ménages en fonction de leurs revenus.

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Faut-il ouvrir la PMA et légaliser la GPA?

Sur ces deux sujets, les candidats sont presque tous d'accord. S'agissant de la procréation médicalement assistée, actuellement ouverte aux couples hétérosexuels, tous sont favorables à son extension aux couples homosexuels, à l'exception de Manuel Valls. L'ancien Premier ministre se contente en effet de proposer l'ouverture d'un débat national sur la question.

A l'inverse, tous les candidats demeurent opposés à la légalisation de la gestation pour autrui, aujourd'hui interdite en France, à l'exception de François de Rugy.

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L'éducation nationale manque-t-elle de fonctionnaires?

Alors que les débats de la primaire à droite se sont longtemps focalisés sur les suppressions de postes de fonctionnaires, les candidats de la primaire à gauche se positionnent à rebours. Concernant les enseignants, Benoît Hamon se montre le plus généreux, en promettant de créer 40 000 nouveaux postes en cinq ans. Il est suivi par Vincent Peillon avec 8000 recrutements. Jean-Luc Bennahmias et François de Rugy ne détaillent pas les recrutements promis.

A l'inverse, Manuel Valls et Sylvia Pinel n'envisagent pas de recruter de nouveaux enseignants s'ils venaient à remporter la présidentielle.

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La France est-elle trop dépendante du nucléaire?

Aucun des candidats de la primaire ne s'affiche comme un pro-nucléaire convaincu. Reste que leurs ambitions divergent assez largement. Manuel Valls propose de respecter l'engagement pris par François Hollande, pour réduire la part du nucléaire de 75% à 50% en 2025. Un objectif jugé "peu crédible" par Sylvia Pinel. Vincent Peillon et Arnaud Montebourg préfèrent laisser décider l'Autorité de sûreté nucléaire.

Arrivent les propositions concrètes: Jean-Luc Bennahmias s'engage à fermer 12 centrales au cours du quinquennat, Benoît Hamon promet lui de fermer les centrales en fin de vie. Plus radical, François de Rugy entend fermer les centrales vieilles de 40 ans.

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Faut-il être plus généreux avec les migrants?

Sans surprise, Manuel Valls se montre le plus ferme au sujet de la protection des frontières. Il défend le bilan de son gouvernement, alors que la France n'a accueilli à ce jour que 5000 des 30 000 migrants promis. "L'Europe, ce sont des frontières", se défend-il.

En face, son contradicteur le plus virulent se nomme sans doute Benoît Hamon. Lui veut faciliter l'accueil des demandeurs d'asile avec son visa humanitaire. Vincent Peillon, qui aurait aimé que la France se montre plus généreuse ces dernières années, propose une harmonisation du droit d'asile européen.

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La loi Travail est-elle une bonne loi?

Après avoir cristallisé le débat politique au printemps dernier, la loi Travail revient en force dans la campagne de la primaire à gauche. Manuel Valls, qui a utilisé le 49.3 pour la faire passer, propose de la maintenir. Il ne cesse de défendre ce texte, revenant régulièrement sur l'instauration du compte personnel d'activité, du compte pénibilité ou de la garantie jeune. François de Rugy se positionne sur la même ligne.

A l'inverse, Arnaud Montebourg et Benoît Hamon plaident pour l'abrogation pure et simple. Ils estiment que ce texte, qui n'a jamais été voté, n'a pas vocation à régir le droit du travail français.

Moins virulents, Sylvia Pinel et Vincent Peillon proposent de modifier le texte, pour revenir sur les points sensibles. A commencer par l'article 2, relatif aux poids des négociations conduites dans l'entreprise.

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Faut-il légaliser l'euthanasie ou le suicide assisté?

Les positions des candidats divergent sensiblement sur cette question. François Hollande avait promis d'instaurer une aide médicale assistée pour terminer sa vie dans la dignité. En 2016, la loi a instauré un droit à la "sédation profonde", sans consacrer l'euthanasie ni le suicide assisté. Sur ce dossier, François de Rugy apparaît comme le plus impliqué. Il propose de légaliser les deux pratiques. De son côté, Sylvia Pinel n'entend autoriser que le suicide assisté, lorsque Benoît Hamon et Vincent Peillon penchent eux pour l'euthanasie.

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Dans une interview accordée au Parisien, Manuel Valls s'était contenté d'affirmer le 9 janvier qu'il était possible d'aller plus loin, sans s'expliquer davantage. Quant à Arnaud Montebourg et Jean-Luc Bennahmias, ils n'ont pas pris position sur le sujet.