Mercredi encore, elle faisait, avec Bernard Debré, le service après vente de la déclaration de maintien de François Fillon auprès des journalistes, au QG de campagne du candidat de la droite. "Il faut respecter son choix de se battre, il a le droit non? Même si ce n'est pas facile", expliquait-elle. En deux jours, la conseillère régionale a totalement changé d'avis. "Je fais partie de ceux qui consacrent leur énergie à convaincre François Fillon de se retirer", a lâché la députée européenne au micro de FranceInfo.

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Et de développer: "Nous nous ne pouvons pas le pousser dehors, mais le pousser à réfléchir aux conséquences de son maintien pour nos idées. (..) Le compte à rebours est là et c'est lui qui a le chronomètre dans la main."

François Baroin en "capacité de rassemblement"

Une déclaration pas anodine, puisque plusieurs sarkozystes, depuis jeudi après-midi, ont lâché François Fillon, de Gérald Darmanin à Sébastien Huygues en passant par Catherine Vautrin... tandis qu'on apprenait qu'en coulisse, Nicolas Sarkozy se montrait moins fermé à l'émergence d'un plan B.

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Sauf que si jeudi, toutes les manoeuvres semblaient converger vers Alain Juppé, qui se tient "prêt", la députée européenne, elle, s'est prononcée pour l'hypothèse François Baroin. Le parti Les Républicains "ne peut plus s'appuyer sur la primaire", qui "est caduque", juge-t-elle. "Il faut qu'on ait quelqu'un qui a une stature, qui puisse être dans le débat politique face à Marine Le Pen et Emmanuel Macron", ajoute-elle, précisant que "François Baroin a cette capacité de rassemblement."

L'appel au secours à Sarkozy

Pour sortir de "l'impasse" dans laquelle se trouve son parti, l'ex-secrétaire d'Etat en appelle à Nicolas Sarkozy, pour qu'il s'exprime publiquement, ce qu'il n'a jamais fait depuis le début du Penelopegate. "J'attends de Nicolas Sarkozy qu'il fasse entendre sa voix", a conclu Nadine Morano.

D'après Europe 1, l'ancien chef de l'Etat aurait conseillé à François Fillon de se retirer mais lui aurait aussi dit qu'il le soutiendrait s'il souhaitait se maintenir. Mais ça, c'était jeudi. Une éternité dans la campagne des Républicains, où les portables n'ont jamais autant chauffé.