Venant de François Fillon, la figure de style était inattendue. Mis en difficulté à plusieurs reprises sur le terrain des affaires, le candidat Les Républicains à l'élection présidentielle s'est néanmoins exprimé sur la morale en politique. Plus précisément, sur sa définition d'un "président exemplaire".
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Et le député de Paris de verser dans l'anaphore, procédé rendu célèbre par François Hollande à l'occasion du duel d'entre-deux tours qui l'avait opposé à Nicolas Sarkozy en 2012.
À l'évidence soigneusement calibrée et préparée en amont du débat, la tirade évite tout ce qui touche à la probité personnelle. Elle vise plus haut: "Qu'est-ce qu'un président exemplaire? C'est d'abord un président qui dit la vérité aux Français", démarre le candidat, dans un curieux écho à une formule utilisée par son "conseiller spécial" Jérôme Chartier la veille.
"Je n'ai pas commis d'erreur"
À six reprises, François Fillon aura défini ce qu'est, d'après lui, un président exemplaire, en se focalisant essentiellement sur les attributs institutionnels de la fonction. "C'est un président qui met en oeuvre les engagements qu'il a pris devant le peuple, quelles que soient les difficultés (...), qui respecte son Premier ministre, qui respecte le gouvernement et qui respecte l'équilibre des pouvoirs prévu par la Constitution (...), qui ne se sert pas des moyens de l'Etat pour affaiblir ses adversaires", a enchaîné l'ancien locataire de Matignon, en parsemant son anaphore de références à l'actualité récente, des accusations de "cabinet noir" à l'encontre de l'Elysée au livre-confession de Gérard Davet et Fabrice Lhomme sur l'actuel chef de l'Etat.
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Rien, en revanche, sur les affaires concernant sa famille et les soupçons d'emplois fictifs pesant sur lui. Lorsque les journalistes Ruth Elkrief et Laurence Ferrari le relancent sur les "erreurs" qu'il a pu commettre dans sa gestion de l'affaire Penelope, François Fillon a refusé d'aller plus loin.
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"Non seulement je n'ai pas commis d'erreur Madame, et je refuse de répondre à toute question sur ce sujet, et surtout de la part des journalistes, qui pendant deux mois et demi ont fait mon procès", a lâché le candidat. Le député de Paris avait pourtant, de son propre chef, reconnu des errements ces dernières semaines, que cela soit lors du rassemblement du Trocadéro ou à l'occasion de L'Emission politique du 23 mars.
