Qu'on se le dise, Valérie Pécresse ne monnaie pas son soutien. Dans une interview au Parisienpublié ce lundi, la présidente de la région Île-de-France veut balayer les doutes quant à la nature de son ralliement de dernière minute à François Fillon, grand vainqueur de la primaire à droite. "Si François Fillon devait me proposer d'entrer au gouvernement, je dirais non", insiste l'ancienne ministre du budget.

Non à Matignon

Alors que son nom figuraient dans la short-list des prétendants à Matignon en cas de victoire d'Alain Juppé à la primaire puis à la présidentielle, Valérie Pécresse indique désormais n'avoir aucun appétit pour un poste au gouvernement en cas d'élection de François Fillon le 6 mai prochain: "Cette rumeur flatteuse est partie d'Alain Juppé qui a évoqué une femme à Matignon", évacue-t-elle dans Le Parisien, assurant vouloir se consacrer à son mandat régional: "En tant que présidente de la région, j'ai lancé un nombre important de chantiers que je dois mener à bien."

Précision importante, la présidente de la région Île-de-France indique cependant qu'elle n'a "rien demandé" et que rien ne lui a été "proposé".

"Beaucoup d'estime" pour François Fillon

Surnommée Valérie "traîtresse" lors de la campagne des primaires après l'annonce de son soutien à Alain Juppé - longtemps favori des sondages-, cette filloniste historique assure avoir "beaucoup d'estime" pour le candidat de la droite à l'élection présidentielle. "C'est un chef d'Etat. Ce n'est pas sur la personne que j'avais des divergences, c'était sur la sensibilité des programmes. Je suis d'origine chiraquienne et un certain nombre de choses devaient être dites", explique-t-elle.

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Des péripéties de campagne qui semblent bien loin, puisque dès le soir de la victoire de François Fillon, un rapprochement s'était déjà opéré entre le député de Paris et son ancienne ministre. "Trois semaines de campagne n'effacent pas huit années de confiance", avaient rapidement souligné les partisans d'une paix entre les deux anciens alliés.

"Misogynie et machisme"

Au sujet des critiques visant ses retournements de veste supposés, Valérie Pécresse dénonce également une "forme de misogynie et de machisme": "J'ai été la seule qui n'avait pas le droit de choisir son candidat! Certaines personnalités masculines politiques de premier plan ont fait leur choix et on l'a respecté...".

Lundi matin, sur BFMTV, elle a répété être une "femme libre" qui "peut faire ses choix en conscience sur des lignes politiques": "Je trouve un tout petit misogyne le fait que je serais la seule des quinquas ou des quadras de la droite à ne pas pouvoir faire librement mon choix en faveur d'une ligne politique."