Un match droite contre gauche : le deuxième débat entre les sept candidats à la mairie de Paris mardi soir a été l'occasion pour Rachida Dati (LR) et Anne Hidalgo (PS) de polariser le combat, tentant d'écarter Agnès Buzyn (LREM). Le directeur de campagne d'Anne Hidalgo, Emmanuel Grégoire, l'avait assuré : "Notre sujet c'est Rachida Dati, Buzyn n'en est plus un".
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La preuve mardi soir : quelques minutes après le début du débat organisé par France Télévisions, les candidats sont interrogés à tour de rôle sur le logement, lorsqu'Anne Hidalgo s'en prend à Rachida Dati, sa principale rivale dans les sondages, avec laquelle elle entretient de bonnes relations en privé.
"Je ne suis pas votre élève"
"Je voudrais demander à Mme Dati quel est le revenu moyen d'un ménage avec deux enfants ?", interroge la socialiste, candidate soutenue par une plateforme "Paris en commun" (qui regroupe PS, PCF, élus Générations et personnalités issues de la société civile). "Le revenu moyen est au-dessus du revenu moyen national", répond la candidate de la droite, avant que la socialiste ne coupe sèchement: "Vous ne le connaissez pas".
"Je ne suis pas votre élève Mme Hidalgo", réplique Rachida Dati, qui embraye sur le bilan de la maire sortante avant de dénoncer ses alliances à venir. À l'écologiste David Belliard, elle assène ainsi "Vous allez vous retrouver" avec Anne Hidalgo.
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Interrogée sur les rythmes scolaires, et la semaine à quatre jours que certains candidats veulent désormais abolir, Rachida Dati dénonce "les méthodes radicales (qui) sont les pires" et des décisions imposées aux familles.
Sur la propreté, même combat. La candidate de droite renvoie la maire de Paris à son bilan après six ans de mandat et "20 ans" passés à l'Hôtel de Ville, en tant qu'adjointe de Bertrand Delanoë. "70% des Parisiens n'en peuvent plus de la mandature actuelle", insiste Rachida Dati.
La sécurité ? Anne Hidalgo, "il faut se promener dans Paris il faut aller dans les quartiers", martèle Rachida Dati, qui veut une police municipale armée et mène une campagne tambour battant en multipliant depuis l'automne ses déplacements dans le nord-est populaire de la capitale.
L'épineux sujet des alliances
Entrée en campagne pour remplacer au pied levé Benjamin Griveaux, démissionnaire, la candidate Agnès Buzyn tente elle de décliner son programme, sans échapper aux attaques. "Peut-être que vous avez l'habitude des nominations et des cooptations", lui lance Rachida Dati. "J'ai pris des risques. J'ai quitté un poste de ministre nommé pour m'engager pour les Parisiens", lui répond Agnès Buzyn. "Vous avez un poste de secours au cas où", rétorque Rachida Dati. "Comment osez-vous ?", s'indigne Agnès Buzyn.
Comme au premier débat organisé la semaine dernière, des candidats ont tenté d'esquisser des alliances de second tour à l'instar d'Anne Hidalgo envoyant du "mon Cédric" au candidat ex-LREM, mathématicien médaillé Fields, et au candidat d'EELV, allié traditionnel du Parti socialiste à Paris. Agnès Buzyn s'est elle dit "en phase" avec Cédric Villani.
"On n'est pas à Koh-Lanta, là c'est pas des alliances à qui vous donnez le collier d'immunité", a attaqué Rachida Dati, accusant Agnès Buzyn de "mépris" et de "jouer l'élection dans le dos" des Parisiens, sans afficher clairement ce que seront ses alliances de second tour.
Soupçonnée à tort, selon elle, de vouloir s'allier à Rachida Dati, Agnès Buzyn répète inlassablement qu'"il n'y aura pas d'alliance avec Rachida Dati", mais des discussions "arrondissement par arrondissement" autour d'"un projet programmatique".
