Emmanuel Macron a coutume de se présenter en candidat du consensus, capable d'agréger des électeurs de droite comme de gauche. Lors de son meeting lyonnais, l'ancien ministre de l'Economie a réaffirmé ce samedi sa volonté de dépasser les clivages politiques traditionnels. "L'important n'est pas d'être de gauche ou de droite, mais d'être Français", a-t-il lancé à près de 8000 personnes massées dans le Palais des sports de la capitale des Gaules.

Lors de son discours, le fondateur du mouvement En Marche! n'a pourtant pas épargné Benoît Hamon. Dans son viseur: le projet de revenu universel porté par le candidat socialiste, qui grimpe dans les sondages.

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Alors qu'il évoquait ses rencontres avec des hommes et des femmes en difficulté, Emmanuel Macron a lâché: "Ils ne m'ont pas demandé le revenu universel. Il existe déjà. Cela s'appelle le RSA. Si on savait le multiplier par deux, j'ose espérer qu'on l'aurait fait depuis longtemps."

L'analogie entre les deux allocations est pourtant erronée. Alors que le RSA est versé sous conditions de ressources, le revenu prôné par Benoît Hamon est destiné à tous les Français majeurs.

"Oisiveté subie ou choisie"

Plus globalement, Emmanuel Macron dénonce la philosophie qui guide cette mesure. "Je m'oppose à un projet qui fait la promesse à chacun de vivre de l'oisiveté subie ou choisie", a déclaré l'ex-locataire de Bercy, qui entend mettre le "travail" au coeur de son programme. Un argument qui rappelle celui de la "société du farniente", fustigée par Manuel Valls lors de la primaire à gauche.

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Emmanuel Macron a enfin attaqué la proposition d'une "taxe robot" formulée par Benoit Hamon. Le député des Yvelines souhaite que des cotisations soient prélevées sur les robots qui remplacent les emplois peu qualifiés dans le cadre de la révolution numérique afin de financer la protection sociale. "Il faudrait taxer les robots dont nous manquons en France et expliquer que ce qui advient est forcément mauvais", a ironisé l'ex-ministre de l'Economie.

Hérault de la "création et de l'innovation", Emmanuel Macron a rappelé que la disparition de certains emplois est inhérente à la vie économique. "il faudra que des emplois disparaissent, comme les chandeliers, les porteurs d'eau ou les carrossiers ont disparu".

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