Un soutien, oui. Un blanc-seing, non. C'est le message qu'est venu faire passer ce jeudi le Premier ministre Bernard Cazeneuve, lors de sa visite au QG de campagne de Benoit Hamon, installé dans le 10e arrondissement de la capitale.

Cazeneuve met la pression

"J'ai [...] dit à Benoît Hamon ce que je lui ai toujours dit franchement. Nous sommes à un moment où il faut rassembler, et rassembler tous ceux qui sont déterminés à lutter contre le Front national, et en ce qui concerne le candidat investi par la primaire, il faut rassembler toute sa famille politique", a déclaré le Premier ministre, qui s'est exprimé au côté de Benoît Hamon.

"J'avais dit cela à Benoît Hamon lorsque je l'ai vu pour le féliciter au lendemain de sa victoire, et je le redis aujourd'hui avec la même sincérité, la même amitié que celle qui préside à nos relations. Cela signifie qu'il faut inscrire l'espérance qu'il incarne dans la continuité de ce qui a été fait de positif pendant ce quinquennat", a-t-il poursuivi. Au lendemain de la victoire de Benoit Hamon à la primaire à gauche, le Premier ministre avait délivré un message aux accents très similaires.

Entre Hamon et Macron, les ministres hésitent

Mais depuis, plusieurs semaines ont passé et la campagne du candidat socialiste patine. D'une part le Penelopegate, dans lequel est englué François Fillon, occulte les messages et les déplacements du candidat et, d'autre part, Benoit Hamon peine à rassembler derrière lui. Vallsistes et hollandais sont en retrait de cette campagne et de plus en plus de ténors du PS hésitent à le soutenir publiquement, quand certains n'ont pas déjà franchi le Rubicon pour rejoindre Emmanuel Macron. Au grand dam du patron du PS Jean-Christophe Cambadélis, qui multiplie les menaces d'exclusion, pour l'heure sans effet.

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En creux, Bernard Cazeneuve appelle donc Benoit Hamon a mettre les bouchées doubles pour rassembler derrière sa candidature. Car le temps presse, à moins de 50 jours du premier tour. Et pour l'heure, les ministres qui soutiennent publiquement le vainqueur de la primaire à gauche se comptent sur les doigts de deux mains, voire une.

Comme le rapporte Le Parisien ce jeudi 9 mars, si François Hollande a demandé à ses ministres de rester groupés -comprenez: ne pas encore rallier Macron- il a les plus grandes peines à retenir certains très proches dont Jean-Yves Le Drian, Stéphane Le Foll ou encore Ségolène Royal.