"Un choc". C'est ainsi qu'Alain Juppé se remémore sa défaite du 27 novembre face à François Fillon. Interrogé par la presse ce jeudi à la suite de ses voeux officiels pour l'année 2017, le maire de Bordeaux est revenu sur son échec à la primaire à droite.
Reconnaissant un décalage entre sa stratégie et les attentes de l'électorat de droite, l'ancien Premier ministre assure néanmoins au député de Paris son soutien sans faille pour l'élection présidentielle.
LIRE AUSSI >> Après la "super-pêche", la "vie de souffrance" d'Alain Juppé
"Dès le soir du deuxième tour des primaires, j'ai pris acte du résultat et indiqué que j'apporterai mon soutien à François Fillon, et je n'ai pas changé d'avis, bien entendu", a déclaré Alain Juppé qui, en décembre, avait indiqué à la presse qu'il souhaitait "prendre du recul par rapport à la vie politique nationale". S'agissant de la forme concrète du soutien à accorder à François Fillon, le maire de Bordeaux renvoie la balle au premier concerné. "On verra ce qu'il souhaite (...) c'est lui qui fait campagne", a-t-il répondu.
Trop "modéré" pour la droite
Quant à sa défaite de l'automne, Alain Juppé jure ne garder "ni regret, ni amertume" d'une campagne "superbe", où il a "fait ce qu'il pensait devoir faire". Une satisfaction a posteriori qui n'occulte pas la sidération, notamment lors du "premier tour de la primaire [qui a vu le maire de Bordeaux distancé à 28,6% contre plus de 44% pour Fillon], parce que c'était totalement imprévisible et inattendu". Une défaite qu'il associe à son "positionnement" modéré.
LIRE AUSSI >> Alain Juppé, une longue histoire d'occasions manquées
"Je pense que la vraie raison c'est que mon positionnement, qui consistait à faire appel à la raison, à la modération, certes à l'esprit de réforme mais sans brutalité, ne correspondaient pas à ce qu'attendait la majorité de cet électorat, à qui on parlait passion, rupture, révolution... Voilà, c'est un fait, c'est ainsi", analyse désormais Alain Juppé.