"Il n'y a pas de petits candidats" a dû rassurer d'emblée Laurence Ferrari, après la première prise de parole de Philippe Poutou. Ce mardi soir, les onze candidats à l'élection présidentielle bénéficient du même traitement. Ce sera sans doute le seul débat, retransmis par BFMTV et Cnews, à réunir l'ensemble des candidats. C'est même une première dans l'Histoire.
DÉCRYPTAGES >> Qui a marqué des points, en a perdu, s'est planqué?
Traitement identique oblige, tous ont dû commencer en justifiant leur candidature. Tous ont dû expliquer aux téléspectateurs pourquoi ils sont les présidents dont la France a besoin pour les cinq prochaines années. Tous, y compris ceux qui à ce jour ne dépassent pas 1% dans les sondages.
La "colère" de Jacques Cheminade
Premier à s'exprimer, Nicolas Dupont-Aignan a joué la carte de l'expérience. Il promet "d'incarner la France" et de "préparer l'avenir de nos enfants". Face à ceux qui parlent, Nicolas Dupont-Aignan dit se placer du côté de "ceux qui agissent". "Depuis mon engagement auprès de Philippe Séguin, j'ai toujours servi les Français, se félicite-t-il. Je suis fier d'avoir redressé une ville en faillite." Et le candidat de Debout la France d'interpeller directement les électeurs: "Soit vous continuez avec ceux qui ont ruiné la France, vous ont menti, soit vous décidez de reconstruire avec moi une France libre, forte, juste et belle."
Autre candidat, autre ton. Il l'avait fait savoir en arrivant sur le plateau de BFMTV: Jacques Cheminade est en colère. En colère "contre ces héritiers d'un système qui se suicide et n'ont pas voulu prendre le taureau financier par les cornes." Son combat, martelé lors de chaque sortie publique: "la dictature financière". Pour le gagner, Cheminade brandit son arme: "Le crédit productif public, qui a fait que nos grands-parents et arrière-grands-parents ont relevé la France."
Jean Lassalle, le berger devenu candidat
Sur un ton plus personnel, Jean Lassalle a commencé par retracer son parcours. Elu maire à 21 ans, ce "fils de berger" se dit fier d'avoir créé son entreprise d'ingénierie environnementale. Il parle ensuite de son épouse, qui est venue lui donner quatre enfants. "Je ne supporte plus l'hystérie qui s'est emparée de nos vies" a-t-il conclu pour justifier sa candidature.
François Asselineau aussi a parlé de ses enfants. Mais aussi de ses origines modestes et de la réussite de son parcours qui l'a conduit à accompagner en tant que fonctionnaire François Mitterrand ou encore Jacques Chirac. Le sens de sa candidature? Une volonté de rendre les manettes à la France. Ses ennemis? L'Otan, la Commission européenne et la Banque centrale européenne. Des institutions coupables selon lui de "la disparition d'acquis sociaux et du rayonnement de la France dans le monde".
EN COULISSES >> Ce qu'il s'est passé hors du champ des caméras
Philippe Poutou a lui opté la carte de la solidarité. Solidarité d'abord avec sa concurrente Nathalie Arthaud, avec qui il se présente comme étant les deux seuls candidats à avoir un "métier normal". Il a profité de sa présentation pour s'en prendre de front aux candidats "corrompus" rattrapés par les affaires, François Fillon et Marine Le Pen en tête.