Le grand débat de France 2 le 20 avril avec les onze candidats n'aura finalement pas lieu. Il a été enterré, à l'issue d'une réunion ce mercredi après-midi à France Télévisions qui réunissait les représentants des différents candidats. Selon l'un des participants, la chaîne publique a acté la disparition pure et simple d'un débat, contesté par plusieurs candidats, et proposé une succession d'entretiens d'un quart d'heure avec chacun des candidats à la même date, menés par David Pujadas et Léa Salamé. Les thématiques, pas encore arrêtées, seraient les mêmes pour tous les prétendants.

"Le débat de mardi sur BFMTV et Cnews a été plein d'enseignements pour nous, il a été très éclairant. Il y a une propositon différente qui a été mise sur la table", indique sobrement à L'Express un porte-parole de France Télévisions. Selon plusieurs participants à la réunion, le directeur de l'information Michel Field a laissé entendre que le service public ne pouvait se permettre d'héberger un débat dans lequel il n'y avait pas eu, selon lui, assez de fond et au contraire, trop de punchines.

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Mais la nouvelle proposition est très loin, là aussi, de faire l'unanimité. Ce sont les équipes de Benoît Hamon, de Jean-Luc Mélenchon et de François Fillon qui ont exprimé le plus de réserves.

Enregistrer l'émission pour libérer la soirée du 20 avril?

"Il avait été convenu d'attendre le débat de BFMTV pour répondre à deux inquiétudes des équipes: les Français ont-ils toujours de l'appétit pour les débat? Et un débat à 11 est-il faisable et de bonne tenue? Les échanges d'hier et le record d'audience de la TNT enregistré par BFMTV ont prouvé que oui. Mais France Télévisions considère l'inverse", se désolé le représentant de Benoît Hamon, David Assouline, toujours attaché à l'idée d'un débat.

Le sénateur socialiste conteste le déroulé que prendrait ces entretiens successifs: "C'est absurde. Les derniers candidats tirés au sort vont passer des heures en loges à attendre sagement leur tour?" Un point sensible alors que dans la dernière ligne droite, chaque heure compte. La représentante de François Fillon a ainsi plaidé pour que l'émission soit enregistrée, ce qui libérerait la soirée du 20 avril pour faire campagne. Mais c'est France Télévisions qui, selon plusieurs sources, a refusé cette formule.

"C'est la date qui pose problème"

"La proposition de France Télévisions ne règle rien puisque ce que l'on dit depuis le début, c'est que c'est la date qui pose problème", ajoute le directeur de campagne de Jean-Luc Mélenchon, Emmanuel Bompard, présent à la réunion. L'équipe de la France insoumise craint de ne pas pouvoir répondre à une attaque, à trois jours du premier tour. Est-ce un refus définitif des interviews successives? "On va en parler entre nous", répond Emmanuel Bompard qui attend également des précisions sur les modalités du tirage au sort de l'ordre de passage. Un candidat qui passerait à la fin serait en effet fortement lésé par rapport à celui qui passe en prime time.

L'équipe d'Emmanuel Macron est la plus favorable à la formule proposée par France Télévisions mais à la condition que tous les candidats soient d'accord. "On regrette qu'il n'y ait pas de débat. Mais on prend ce qui vient. Nous ne sommes pas en mesure d'imposer quoi que ce soit", réagit avec philosophie l'équipe de Philippe Poutou. Un pragmatisme de bon aloi partagé par les autres "petits" candidats.

"Il faut désormais que les onze candidats soient désormais d'accord sur les termes de l'émission qui est maintenue au 20 avril", conclut-on à France Télévisions.