"On va préciser le programme de François Fillon". La phrase, prononcée par Valérie Pécresse ce lundi sur BFMTV, traduit le petit flottement qui perdure dans le camp du vainqueur de la primaire à droite. Notamment sur la question de la sécurité sociale, martelée par les adversaires du député de Paris, qui souhaite restreindre le remboursement de certains médicaments.
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Sur France Inter ce lundi, le député du Val d'Oise Jérôme Chartier a tenté, après Eric Woerth dimanche, d'éteindre l'incendie en assurant que les "petits risques" seraient toujours pris en charge par la sécurité sociale. Seulement, il y a un "mais". Lorsque Léa Salamé lui demande si un rhume continuera à être remboursé par la sécurité sociale, le bras-droit de François Fillon lui répond: "ça dépend quel rhume". "Il faut entrer dans le détail", argue-t-il.
Pour étayer son raisonnement, Jérôme Chartier explique que "c'est comme ce qu'on appelle la médecine de confort, c'est quelque chose qui n'est pas défini dans le code de la Sécurité sociale". Et le député Les Républicains de préciser tout de même qu'il n'est "pas médecin". Un argumentaire qui n'a pas manqué de faire réagir la ministre de la Santé Marisol Touraine sur Twitter.
Sommé d'expliciter -"dans le détail" justement- quels maux demeureront pris en charge par la sécurité sociale, le parlementaire a finalement botté en touche. "Je ne suis pas capable de vous le dire, c'est le médecin qui pourra le dire. Un rhume, si ça tourne mal, ça peut devenir beaucoup plus qu'un rhume, c'est le médecin qui va le déterminer", a développé Jérôme Chartier, qui estime que "ce n'est pas le travail du politique de savoir ce qui est grave et pas grave".
Petits risques, grands risques
La veille sur Europe 1, Eric Woerth s'était également trouvé confronté à la question du rhume. "Un patient qui consulte pour un rhume continuera à être remboursé par la sécurité sociale", avait déclaré le député de l'Oise dimanche. Oui, mais de quel rhume s'agira-t-il?
Proche du candidat à l'élection présidentielle, l'ancien ministre de Nicolas Sarkozy a assuré que "François Fillon n'a pas l'intention de casser l'Assurance maladie. (...) Il faut protéger la protection sociale". À titre d'exemple, Eric Woerth a choisi d'invoquer "la notion de petit risque et de grand risque", notion peu "efficace" selon lui "pour régler les problèmes de la sécurité sociale".
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