A la différence du rhum cubain, Ségolène Royal, gaffeuse récidiviste, voyage plutôt mal. Pour preuve, cette séquence de janvier 2007, mensis horribilis. Passons sur la "bravitude" célébrée par la prétendante socialiste au pied de la Grande Muraille. Car il y aura moins anodin: l'éloge de la justice chinoise et de ses tribunaux "plus rapides qu'en France". Célérité dont la visiteuse omet de préciser qu'elle s'avère volontiers fatale aux prévenus.

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Quelques jours plus tard, au détour d'une virée canadienne, Royal vante, sur un mode gaullien, la "souveraineté" du Québec. Et ce, au grand dam des Premiers ministres de la Belle Province, Jean Charest, et du Canada, Stephen Harper.

Réconfort africain

Native de Ouakam, commune du grand Dakar et lieu d'affectation de son père, le très rugueux lieutenant-colonel de l'artillerie de marine Jacques Royal, Marie Ségolène - tel est son prénom originel - trouve-t-elle matière à consolation sur le continent africain? Parfois, oui. Dès septembre 2006, le quotidien nigérian The Guardian consacre une page entière à cette "rebelle": dans une nation de "vieux barbons machistes", y lit-on, elle mériterait de terrasser un Nicolas Sarkozy "outrageusement populiste".

Au même moment, la candidate à l'investiture PS accomplit un pèlerinage en terre natale. Las! "Sarko", alors ministre de l'Intérieur, avance un voyage initialement programmé le mois suivant et déboule dans la capitale de l'ex-Afrique occidentale française, trois jours avant elle. Ségolène l'Africaine se vengera en avril 2009: elle vient implorer in situ le pardon du continent noir pour le calamiteux discours prononcé vingt mois plus tôt par son vainqueur. Rite d'expiation étendu aux ravages de l'esclavage et de la colonisation.

Quand sonne l'heure de l'empoignade électorale, c'est de Centrafrique que vient le réconfort. A Bangui, le 23 février 2007, un comité de pilotage du Mouvement de soutien à Ségolène Royal lance un "vibrant appel à la mobilisation générale" en faveur de celle qui "incarne une mutation positive, humaniste et pragmatique".

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A sa tête, Léa Koyassoum Doumta, ancienne ministre de la Santé et des Affaires sociales. "Nous lui avons fait savoir via son équipe de campagne, précise-t-elle une décennie plus tard, qu'un élan avait surgi au coeur de l'Afrique. Notre pétition a recueilli 500 signatures." Signatures collectées dans deux salons de beauté banguissois, l'un baptisé Lysiane Coiffure, l'autre Espace Ségolène. En politique, mieux vaut il est vrai ne jamais négliger ses racines.

Les résultats

Premier tour, 22 avril 2007

3416 Nicolas Sarkozy élu le 6mai 2007 avec 53,1% des voix.

French Interior Minister, and right-wing party Union for a Popular Movement president, Nicolas Sarkozy gives a speech during the UMP congress after being officially named as UMP candidate for France's presidential election, 14 January 2007 in Paris. Sarkozy had 98 percent of the vote in a ballot of 338,000 party members, though there was never any doubt about the result as he was the only person standing.   AFP PHOTO / OLIVIER LABAN-MATTEI / AFP PHOTO / OLIVIER LABAN-MATTEI

Nicolas Sarkozy, le 14 janvier 2007 à Paris.

© / AFP PHOTO/OLIVIER LABAN-MATTEI

31,2% Nicolas Sarkozy (UMP), élu le 6 mai 2007 avec 53,1% des voix

25,9 % Ségolène Royal (PS)

18,6 % François Bayrou (UDF)

10,4 % Jean-Marie Le Pen (FN)

4,1 % Olivier Besancenot (LCR)

2,2 % Philippe de Villiers (MPF)

1,9 % Marie-George Buffet (PCF)

1,6 % Dominique Voynet (Les Verts)

1,3 % Arlette Laguiller (LO)

1,3 % José Bové (divers gauche)

1,1 % Frédéric Nihous (CPNT)

0,3 % Gérard Schivardi (PT)