[...] Ségolène Royal candidate du PS a engagé cette campagne comme elle a toujours travaillé: à son idée. Aujourd'hui, ses amis louent une "femme libre". Sans avoir réussi à convaincre ses détracteurs, qui, au sein de son propre camp, dénoncent son "sectarisme": ils rappellent que, à l'issue de sa victoire à la désignation interne au PS, le 16 novembre 2006, elle n'a pas eu un geste pour Dominique Strauss-Kahn ou Laurent Fabius.

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Ils rappellent qu'elle n'a cédé aucune place aux proches de ses rivaux dans son organigramme. Ils rappellent qu'elle n'a souvent pas pris la peine de s'adresser personnellement aux experts du parti, qui n'ont accès qu'à des collaborateurs. [...]

Des soutiens qui font défaut

Les amis de Laurent Fabius, eux, ont disparu de la circulation. Ségolène Royal a fait le pari de se passer d'eux, considérant qu'ils incarnaient une manière dépassée de pratiquer la politique. Elle s'est privée de leur force de travail, de leurs plumes, de leurs réseaux et, surtout, de leur soutien. Inutile, sans doute, quand tout va bien, cet appui un peu solennel lui fait défaut en période de vaches maigres, d'autant que les proches de Strauss-Kahn ne sont pas plus enthousiastes.

Ségolène Royal les ménage, pourtant, même si elle n'a pas apprécié le propos d'un ami de DSK - "Il est totalement loyal mais pas totalement Royal" -, les critiques politiques, sur ses actes ou ses déclarations, lui importent peu, a-t-elle expliqué au téléphone à l'ancien ministre de l'Economie. Ce que la candidate ne veut pas, c'est qu'une personnalité de sa famille politique dont elle a soudain besoin prenne officiellement ses distances avec elle. [...]

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Journaliste à L'Express, Elise Karlin couvre la campagne de Ségolène Royal en 2007. Dans son chemin vers la défaite, la candidate socialiste se heurte à l'hostilité, plus ou moins manifeste, des éléphants du parti.