Le duel revêt un enjeu stratégique majeur. François Fillon et Nicolas Dupont-Aignan, qui lorgnent le même électorat conservateur, se sont attaqués à de multiples reprises depuis le début du débat télévisé présidentiel entre les onze candidats à l'Elysée. Le premier coup a été porté par le président de Debout la France, en préambule du débat.
DÉCRYPTAGES >> Qui a marqué des points, en a perdu, s'est planqué?
Sa présentation se voulait un anti-portrait du vainqueur de la primaire à droite. Faisant référence à son "engagement aux côtés de Philippe Séguin", mentor de François Fillon, le candidat souverainiste a affirmé avoir "toujours défendu les Français sans jamais (se) servir", un tacle au candidat de la droite, mis en examen dans le cadre d'une enquête concernant l'éventuel emploi fictif de sa femme à l'Assemblée nationale.
"Il est dans le système depuis longtemps"
L'Europe a été ensuite le théâtre d'un échange animé entre les deux hommes. Alors que François Fillon détaillait sa vision du projet européen, Nicolas Dupont-Aignan a lancé: "Franchement, qui peut vous croire? Moi je n'ai pas trahi mes idéaux." Il a ensuite rappelé qu'il avait "toujours refusé les traités européens".
Le député de Paris lui a rétorqué une attaque, visiblement préparée puisqu'il l'avait déjà servie plus tôt dans le débat: "Monsieur Dupont-Aignan fait des leçons en permanence, mais la première fois que je l'ai vu, il était le chef de cabinet de François Bayrou. Comme quoi, il est dans le système depuis longtemps." L'ex chef-de gouvernement a enfin interprété de manière ironique le refus de Nicolas Dupont-Aignan de signer les traités européens. "C'est normal, vous n'avez jamais été au pouvoir, et vous ne le serez pas."
EN COULISSES >> Ce qu'il s'est passé hors du champ des caméras
Nicolas Dupont-Aignan a enfin ciblé François Fillon sur l'adoption par le Parlement du Traité de Lisbonne en 2007, deux ans après le vote négatif des Français lors du référendum sur la Constitution européenne. "Comment croire le Premier ministre qui a bafoué le sort des Français, alors que le traité de Lisbonne a été le viol du peuple?", a-t-il demandé. Et le candidat de mettre en garde François Fillon. "Prenez garde à ce que vont décider les Français."