Le gouvernement entre en campagne contre le Front national. Lors d'un meeting à Dijon mardi, Bernard Cazeneuve a appelé les socialistes à voter pour Emmanuel Macron pour faire barrage à Marine Le Pen. Dans un discours très politique, le Premier ministre a également demandé aux siens de ne pas s'opposer frontalement au candidat d'En Marche!, en cas de victoire dimanche.

"Faites voter dimanche résolument pour Emmanuel Macron (...) Faites-le avec la fierté de ce que nous avons accompli et le désir de voir ce que nous avons accompli se poursuivre", a déclaré le Premier ministre à l'occasion d'un meeting de soutien à Emmanuel Macron, organisé à l'initiative du PS.

Un prise de distance avec Hamon

Alors qu'il s'apprête à conduire la bataille des législatives pour le Parti socialiste, Bernard Cazeneuve a donné le sentiment de vouloir faire du futur groupe de députés PS un point d'appui pour Emmanuel Macron s'il est élu président.

"Les socialistes, parce qu'ils ont cette ambition de faire en sorte que l'espérance soit constamment confrontée au réel, ne peuvent pas dire: 'élisez un président de la République et faites le pari de son échec. Ils doivent être disponibles pour le faire réussir'", a-t-il dit, se démarquant clairement de Benoît Hamon, davantage en posture d'opposant à Emmanuel Macron.

Des "nuances ou différences" avec Macron

Pour Bernard Cazeneuve, "voter Emmanuel Macron, ça ne veut pas dire que nous soyons d'accord sur tout", même s'il souhaite "du fond du coeur qu'il soit élu".

"Il y a bien des sujets sur lesquels nous pourrions exprimer des nuances, des différences et pourquoi pas le dire aussi peut-être des divergences", a-t-il dit, marquant notamment ses distances avec la volonté d'Emmanuel Macron de réformer le code du travail par ordonnance et de former une majorité entièrement à sa main.

Le Premier ministre avait entamé son discours en rappelant le combat de la gauche contre le Front national et les extrêmes. "Je ne veux pas que dimanche prochain on élise à la tête de l'Etat une personnalité qui n'aura de cesse de créer la division, la fracturation, et l'abaissement de la société française", a-t-il tonné.