Elle a désormais un boulevard devant elle, mais semé d'embûches. Après l'abandon de Nicolas Hulot, qui ne se lancera pas dans la course à l'Elysée en 2017 -pourtant plébiscité dans les sondages- Cécile Duflot a envoyé une lettre fleuve à EELV où elle se positionne comme une candidate du parti, ce dont elle a envie depuis plusieurs mois.

Une candidate oui, mais qui pose ses conditions... ce qui fait déjà grincer quelques dents.

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Duflot refuse de participer à une primaire

Dans ce courrier fleuve, révélé par Europe1, l'ancienne ministre du Logement revient sur sa réflexion, sa préparation: "Je suis à un moment de vérité [...] depuis un an, sans en faire mystère, je me suis préparée..." En filigrane, mais sans rien officialiser, Cécile Duflot est dans les starting-block pour annoncer sa candidature. Mais elle veut le soutien de son parti... tout en lui imposant plusieurs conditions, notamment le refus d'une primaire interne.

Argument invoqué: la nocivité du processus. "Une primaire pousse les candidats à dire du mal des autres, explique-t-elle, et encore davantage les candidats les moins connus à taper sur les plus connus pour -notamment- que leur nom figure dans le journal". Et s'il devait y en avoir une, la députée de Paris est limpide: ce sera sans elle.

"C'est déplorable"

Evidemment, une telle mise sous pression ne passe pas parmi ses collègues d'EELV. "Duflot nous dit 'soit vous me choisissez, soit je vous laisse tomber'. C'est égoïste et déplorable", grince un élu EELV auprès d'Europe1. Car d'autres candidatures sont déjà sur les rails, notamment celle de Yannick Jadot et de Michèle Rivasi. Julien Bayou, un porte-parole du parti, réfléchit lui aussi à se lancer.

Ce week-end, le conseil fédéral du parti se réunit et devrait, à n'en pas douter, réfléchir sur les modalités des candidatures pour la présidentielle. Une discussion qui se fera en l'absence de Cécile Duflot, excusée pour des raisons personnelles.

Une fuite mal vue

Visiblement, la publication de ce courrier privé, "diffusable sur les listes internes [à EELV, NDLR] uniquement", n'a pas ému la députée de Paris. Sur Twitter, qu'elle utilise frénétiquement, elle a simplement publié ce vendredi matin un message où elle confesse avoir un faible pour le petit mouvement de pied de Pogba.

En privé, ses proches grognent et voient dans cette fuite un mauvais signal. "C'est dommage que des éléments qui animent le débat se retrouvent sur la place publique", déplore l'un d'entre eux auprès du Figaro.