Décidément, Jean-Marie Le Pen n'en finit pas d'être un poil à gratter pour Marine Le Pen. Après le très long feuilleton sur sa déchéance de la présidence d'honneur du parti d'extrême droite, actée l'an dernier, le "Menhir" n'a de cesse de prendre des positions iconoclastes par rapport à sa fille.

Comme le souligne Le Figaro, s'il la préserve relativement en ce début d'année, à quelques mois des élections européennes, il aime prendre le contre-pied de la patronne du RN, ex-FN.

Macron "est doué"

Nouvelle illustration jeudi. Au micro de BFMTV, Jean-Marie Le Pen a eu des mots plutôt bienveillants envers... Emmanuel Macron. Problème : la stratégie politique de sa fille est construite depuis des mois sur une opposition frontale au chef de l'État, elle qui tente d'incarner la première force d'opposition et n'a de cesse de fustiger le président de la République.

Mais son père, lui, a fait preuve d'un peu de bienveillance devant les caméras de nos confrères. "Il y a 18 mois qu'il est président et il n'a pas été renversé alors, par conséquent, il est solide", a-t-il assuré. Et d'enfoncer le clou : "C'est certainement très compliqué, écrasant de responsabilité [...]. Il faut un moral, un physique, un mental, une psychologie absolument exceptionnels. Et je crois que dans ce domaine, Monsieur Macron est assez doué, il a passé les examens depuis un moment déjà".

Bardella est trop "jeune"

Une voix dissonante qui s'est aussi fait entendre sur le cas de Jordan Bardella, la très jeune tête de liste du RN - 23 ans - pour les prochaines élections européennes. "C'est un garçon très intelligent, brillant, solide. Pour autant qu'on le voit à la télévision, il ne se défend pas mal", a-t-il assuré, rapporte Le Figaro.

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Mais il y a un mais. Et la critique est tapie en embuscade. "Sera-t-il capable de répondre aux attaques sur les sujets strictement européens ? Car c'est un jeune homme...", s'interroge le nonagénaire, déplorant l'âge du candidat.

"Honneur et confiance à la jeunesse... Je n'aurais peut-être pas fait comme ça, mais je ne suis pas le président du Front national, ni du Rassemblement, fait du même métal", grince-t-il, allusion voilée à son éviction du parti après avoir répété à la télévision ses propos sur les chambres à gaz.