Depuis qu'elle a annoncé qu'elle coanimerait une émission de Cyril Hanouna consacrée au grand débat national, vendredi, Marlène Schiappa affronte un torrent de critiques, d'insultes et de railleries en tout genre. Et ce mercredi matin, le maire LR de Nice est venu apporter sa pierre à l'édifice.
Schiappa et
Interrogé sur la présence de la secrétaire d'État chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes pendant l'émission de Cyril Hanouna, Christian Estrosi a ironisé au micro de Sud Radio : "Si Le Journal du hard existait encore, peut-être que madame Schiappa irait, j'en sais rien".
Une façon pour l'élu du sud de la France de marquer dans un style bien à lui sa désapprobation, même si, dit-il, il a de "la sympathie" pour les émissions de divertissement, et qu'il "les regarde". "C'est à ça qu'on est en train de tomber aujourd'hui. Est-ce qu'on veut continuer à décrédibiliser la vie publique dans notre pays ou au contraire, la remettre dans la place qui doit être la sienne?", a-t-il ajouté.
Christian Estrosi a ensuite adressé un tweet à Marlène Schiappa : "Si vous avez été choquée par mon interrogation je tiens à m'en excuser", a-t-il écrit, tout en maintenant le fond de son propos. "Votre participation à une émission de divertissement contribue à décrédibiliser la vie publique", dit en effet la suite du message.
"Autant de gifles envoyées au visage des femmes"
Contrairement à ce qu'indique Christian Estrosi, l'émission Le Journal du hard existe toujours, et est diffusé sur Canal+ depuis 1991. Pour ceux qui l'ignorent, il s'agit d'une émission hebdomadaire consacrée à l'actualité du cinéma pornographique.
L'intéressée n'a pas réagi à la remarque de Christian Estrosi, mais a partagé sur son compte Twitter des messages de soutien. Parmi eux, celui du secrétaire d'État au Numérique Mounir Mahjoubi, pour qui les "phrases balancées à Marlène Schiappa" sont comme "autant de gifles envoyées au visage de toutes les filles et les femmes qui les entendent", et celui de la ministre des Affaires européennes Nathalie Loiseau, pour qui "si le Journal des beaufs existait à la télévision on connaît des élus qui en seraient les animateurs".
À la sortie du Conseil des ministres, le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux a fustigé le "sexisme avéré et manifeste" et la "rare misogynie à laquelle on ne s'habituera jamais" contenus dans la remarque de Christian Estrosi.
