Pour la première fois depuis le début de l'épidémie de coronavirus, le gouvernement a clairement évoqué l'arrivée d'une deuxième vague. Lundi, sur franceinfo, le Premier ministre Jean Castex a déclaré : "la deuxième vague est là, il ne peut pas y avoir de relâchement". "Les Français ont considéré un peu trop vite, malgré les discours que nous tenions, que ce virus avait disparu", a-t-il martelé. Les avertissements de l'exécutif se sont multipliés ces derniers jours, au moment où les villes de Toulouse et Montpellier ont rejoint Lyon, Grenoble, Saint-Etienne et Lille, Paris et Aix-Marseille en zone d'alerte maximale.
LIRE AUSSI >> Covid-19 : comment réutiliser 30 fois son masque jetable
En Île-de-France, l'Agence régionale de Santé a prévenu qu'une "vague forte" allait arriver. Tous les indicateurs sont donc au rouge. Et Emmanuel Macron a finalement décidé de s'exprimer mercredi soir en simultanée sur TF1 et France 2. Le président de la République devrait faire des annonces pour tenter d'enrayer la dynamique actuelle du virus. Avant cela, un Conseil de défense pour étudier d'éventuelles nouvelles restrictions, qui devait normalement avoir lieu mercredi, a été déplacé à mardi matin dans l'urgence. "Dans un conseil de défense, tout est sur la table, du plus simple au plus dur...", glisse l'entourage du président à Europe 1.
Un couvre-feu à l'étude
Selon Le Point, pour la première fois en Métropole, un couvre-feu est envisagé dans les zones où le virus circule de manière significative, notamment à Paris et en Île-de-France où les indicateurs sont au rouge. La France pourrait s'inspirer de son voisin allemand où un couvre-feu a été décidé à Berlin. Cependant cette mesure ne concerne pas la circulation des personnes, mais seulement les magasins qui doivent rester fermés entre 23h et 6h à Berlin, excepté les pharmacies et les stations essence, et entre 22h et 6h à Francfort. La vente d'alcool est également interdite pendant ces horaires.
LIRE AUSSI >> "Réservoir de la maladie": la vaccination des enfants contre la grippe, un enjeu "majeur"
En France, le couvre-feu pourrait être décrété à 20 heures, 22 heures ou 23 heures. Cette solution, qui pourrait être vue par la population comme un début de reconfinement, permettrait aussi au gouvernement de garder la main sur les fêtes privées et rassemblements familiaux qu'il est impossible d'interdire. "Ce n'est juridiquement pas possible", a même avoué Jean Castex sur franceinfo. Le gouvernement peut également se baser sur l'exemple de la Guyane où un couvre-feu est en vigueur depuis le 25 mars. Allégé le 25 septembre dernier, il démarre désormais à minuit et se finit à 5h tous les jours, comme le rappelle France-Guyane.
Vers des reconfinements locaux ?
Outre le couvre-feu, lorsque la situation sanitaire devient alarmante, des reconfinements locaux pourraient être envisagés en dernier recours. "Nous verrons quelles sont en ce début de semaine les données épidémiologiques pour voir s'il y a lieu d'aller plus loin", a indiqué Jean Castex lundi sans donner plus de détails. Celui qui était connu pour être le "Monsieur déconfinement" avant d'arriver à Matignon a toujours prévenu qu'un plan de secours était disponible.
LIRE AUSSI >> Le reconfinement, une mesure de dernier recours devenue un tabou pour le gouvernement
Le 6 mai dernier, il assurait : "Dans le plan de sortie de confinement, j'ai proposé que soit également prêt un plan de reconfinement" mais "ce n'est pas notre objectif". Le 24 septembre, dans l'émission "Vous avez la parole" sur France 2, il a évoqué pour la première fois l'hypothèse d'un reconfinement ciblé, rappelle Libération.
D'autres mesures envisagées
Dans les zones d'alerte maximale, les restaurants ont pour l'instant échappé à la fermeture. Mais l'option d'une fermeture définitive sans distinction entre les bars et les restaurants est à l'étude, selon Europe 1. De même, les habitants de certaines zones pourraient de nouveau voir leur liberté de circulation entravée avec l'arrivée de restrictions kilométriques, dont la teneur n'est pas encore connue. Après le déconfinement, les Français avaient l'autorisation de se déplacer dans un rayon de 100 km, auquel cas ils devaient justifier leur déplacement avec une attestation.
LIRE AUSSI >> "Spirale infernale": des soignants déjà "à bout" appelés à sacrifier leurs congés
Outre le Conseil de défense, Jean Castex doit tenir une réunion de travail sur l'épidémie en compagnie de plusieurs ministres. Un événement qu'il compte inscrire dans le temps avec un point désormais hebdomadaire, précise Le Parisien.
