Une tempête dans un verre d'eau ? La porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye a partagé ce jeudi sur Twitter le lien d'un espace dédié à la lutte contre les fausses informations, hébergé sur le site du gouvernement, s'attirant au passage de nombreuses critiques. Baptisée "désinfox coronavirus", cette page propose depuis le 15 avril des articles de fact-checking (vérification des faits) réalisés par différents médias.

"Depuis le début de la crise sanitaire, on a observé une hausse très significative du nombre de fausses informations", explique-t-on au cabinet de la porte-parole du gouvernement. "Donc ce site référence des articles de fact-checking pour proposer des sources d'informations sûres et vérifiées par des journalistes", ajoute-t-on.

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Pour autant, c'est le Service d'information du gouvernement (SIG) qui se trouve derrière la création de cette page. Placé sous la direction du Premier ministre, ce service est notamment chargé de piloter et coordonner la communication gouvernementale. Pour faire partie des articles référencés, deux critères à remplir : "Il faut que la rédaction dispose d'une rubrique fact-checking depuis au moins deux ans et que le contenu soit gratuit", souligne le cabinet de Sibeth Ndiaye.

Sibeth Ndiaye raillée sur Twitter

Reste que l'accueil de cette page sur Twitter n'a pas vraiment été celui escompté. De nombreux internautes ont moqué la porte-parole du gouvernement, avant que plusieurs politiques de droite et d'extrême droite ne s'en mêlent. "S'il y a bien une source d'informations qui empoisonne de mensonges, c'est bien celle du gouvernement", a tancé l'eurodéputé RN Gilbert Collard.

"Ce gouvernement piétine tous les principes de la démocratie ! La Porte-Parole des FakeNews du gouvernement va désormais juger la presse après les multiples tentatives de censure des oppositions...", a aussi lancé sur Twitter le président de Débout le France Nicolas Dupont-Aignan.

Du côté de l'exécutif, on se défend en tout cas de toute volonté de valider ou non certaines informations. "Ce n'est pas le gouvernement qui vérifie les informations sur cette page, ce sont les fact-checkeurs provenant de différents médias", argue-t-on dans l'entourage de Sibeth Ndiaye, un peu dépassé par la tournure des événements. Et d'ajouter humblement : "Il s'agit simplement d'une page sur laquelle on trouve des liens d'articles de presse, ça ne va pas plus loin."