Que serait une campagne présidentielle sans ses coups d'éclat, ses coups bas, ses coups tordus, ses coups fourrés... ? Parce que, comme dirait Edouard Philippe, "il faut faire les choses sérieusement sans se prendre au sérieux", le service politique de L'Express propose de vous immerger dans les coulisses de cette année présidentielle grâce à un rendez-vous hebdomadaire tous les jeudis sur notre site Internet.
Castex, la phrase qui fâche
L'Elysée n'en est pas encore revenu, tant l'attitude de Jean Castex a surpris les collaborateurs du chef de l'Etat. Edouard Philippe, dans Challenges, avait indiqué que "la seule solution raisonnable est d'allonger la durée de vie active en repoussant l'âge de départ à la retraite à 65, 66 ou 67 ans". La réaction de son successeur à Matignon a été d'une inhabituelle violence. Le lendemain, dans une interview à La Dépêche du Midi et au Midi Libre, le chef du gouvernement lâchait : "Je n'ai pas souvenir que, dans le projet de loi qu'il avait lancé, il y avait écrit cet âge de 67 ans..." Diantre ! "C'est la première fois que Castex se montre à ce point agacé en public", relève un proche d'Emmanuel Macron.
Darmanin, le mot qui fâche
Plus encore que l'union, le "en même temps" est un combat. Membre de LREM depuis la fin de 2017, l'ex-LR Gérald Darmanin mène un combat en interne pour que Stanislas Guérini, patron du parti, cesse d'employer à tout va le mot de "progressisme". Pour le ministre de l'Intérieur, c'est un concept qui fait fuir les électeurs de droite alors qu'il est régulièrement revendiqué par les Marcheurs historiques.
Sarkozy, les yeux au ciel
Si Michel Barnier apparaît aux yeux de certains chez les Républicains comme une valeur refuge, face à Valérie Pécresse et Xavier Bertrand qui, eux, ont lâché le parti, cet enthousiasme ne va pas jusqu'à Nicolas Sarkozy. Devant un visiteur récent, à l'évocation de l'ex-négociateur du Brexit, l'ancien président n'a eu qu'une réaction : lever les yeux au ciel... Nicolas Sarkozy préconise d'attendre février 2022 pour la désignation du candidat de droite - lui n'entend pas se prononcer avant.
Cazeneuve en a plein le dos
Des sondages en berne, une candidate bien peu présente dans les médias, des idées qui n'impriment pas voire font grogner en interne... La campagne présidentielle d'Anne Hidalgo n'enchante pas les foules et cela n'a échappé à personne à gauche. D'où cette boutade de François de Rugy à Bernard Cazeneuve qu'il croise non loin de l'Assemblée nationale : "Il faut que tu aides à relever le Parti socialiste !" Et l'ancien Premier ministre de répondre, visiblement peu convaincu par les débuts d'Hidalgo : "J'ai mal au dos..."
Les plans corses de Zemmour bouleversés par un rallye
Tout était prévu pour la tournée à Ajaccio d'Eric Zemmour, qui doit y présenter son livre, ce week-end. Mais c'était sans compter le rallye de véhicules anciens organisé au même moment sur l'île. "On n'avait pas pris en compte cette association de fanatiques de vieux véhicules qui organise leur grand raout annuel, résultat c'est la croix et la bannière pour trouver des lieux et des hébergements", raconte un membre de l'équipe zemmouriste. C'est donc à Olivier Ubéda, chargé de l'organisation des événements publics, de régler les détails de dernière minute. "Le pauvre vieux, il ne dort pas beaucoup", s'amuse un proche. La route est pourtant encore longue jusqu'à la campagne.
Le sort de la droite entre les mains de Bertrand ?
"Si Xavier Bertrand ne va pas au Congrès, on fonce dans le mur." L'analyse est signée d'un pilier des Républicains (LR). Le patron des Hauts-de-France est réticent à se plier à cette procédure aux airs de primaire fermée. Il souhaiterait obtenir le ralliement des ses concurrents Barnier et Pécresse et faire de cet événement une cérémonie d'adoubement. Ce dirigeant LR envisage trois hypothèses. 1 : Bertrand obtient le soutien de ses rivaux et remporte son pari. Leur détermination rend aujourd'hui l'hypothèse incertaine. 2 : Il opère un revirement et affronte ses concurrents dans un vote interne. "Dans ce cas, il est mort." 3 : Il poursuit sa campagne en espérant le ralliement tardif du candidat issu du Congrès. La droite s'enfermerait alors dans une dangereuse primaire sondagière.
